Certaines manufactures fabriquent des montres et d’autres fabriquent du temps. Franck Muller appartient à la seconde catégorie. Fondée en 1991 à Genthod, en bordure de lac, par le maître horloger Franck Muller et le spécialiste de la Haute Horlogerie Vartan Simarkes, la maison s’est imposée en quelques décennies comme l’une des références indépendantes les plus singulières de l’horlogerie suisse. Plus de cinquante premières mondiales, des brevets accumulés comme autant de preuves d’une curiosité jamais rassasiée, dont le premier tourbillon triaxial et la montre-bracelet la plus complexe jamais construite, l’Aeternitas Mega. La manufacture Watchland, ouverte aux visiteurs durant le WPHH, en est le cœur battant : tout y est conçu, produit, assemblé.
Complications en série
Fidèle à son format intimiste, antidote assumé aux grandes foires, l’édition 2026 du WPHH confirmait la vitalité créative de la maison. Parmi les nouveautés, la Cintrée Curvex Minute Repeater Tourbillon concentre l’essentiel de l’ambition de Franck Muller. En or rose 18 carats, 32 mm de large pour 45 mm de longueur, elle réunit deux des complications les plus exigeantes de la haute horlogerie : une répétition minutes activée par poussoir à 9 heures, dont les marteaux frappent une séquence de carillons indiquant heures, quarts et minutes, et un tourbillon à cage rotative qui compense les effets de la pesanteur sur la précision. Le cadran en guilloché soleil, recouvert de vingt-cinq couches de laque appliquées à la main, transforme la surface en territoire de lumière changeante.
La Cintrée Curvex Gatsby
Inspirée de l’univers des clubs d’aviron des années 1920 et de la liberté Art déco, elle porte des chiffres peints à la typographie affirmée, un fond ouvert révélant le mouvement, et cette silhouette tonneau aux courbes harmonieuses qui reste la signature formelle de la marque. L’élégance, ici, est anachronique et c’est précisément ce qui la rend actuelle.
L’Imperium
L’Imperium inaugure, quant à elle, un nouveau boîtier : 40,25 mm de large, en acier inoxydable, construit sur une architecture à double étage entre carrure et lunette. Les surfaces satinées alternent avec des zones polies, le guilloché pavé de losanges du cadran crée des reliefs changeants selon l’angle. Une montre pensée comme un objet de ligne, où la forme ne décore pas mais structure l’ensemble.
Crazy Hours x Jisbar
Enfin, la Crazy Hours x Jisbar s’habille au féminin. La collaboration initiée en 2025 entre Franck Muller et l’artiste français, dont le langage pop-street mêle références classiques et culture contemporaine, se décline en 32 et 35 mm, sur bracelet blanc, en édition limitée à 150 pièces au total. La complication Crazy Hours, principe iconique où les chiffres disposés aléatoirement révèlent l’heure exacte à chaque bond de l’aiguille, rencontre ici douze éléments graphiques issus de l’univers de Jisbar, déconstruits et recomposés sur le cadran.



