Taux immobiliers : légère hausse en avril sous l'effet des tensions au Moyen-Orient
Taux immobiliers : légère hausse en avril sous l'effet des tensions

Attisés par la crise au Moyen-Orient, les taux d’emprunt immobilier se redressent légèrement en avril, avec la crainte de les voir remonter plus franchement dans le courant de l’année, emportés par un courant inflationniste. C’est une épée de Damoclès qui pèse sur un marché immobilier à peine remis de la hausse spectaculaire des taux d’intérêt de 2023.

En alimentant la flambée des prix de l’essence, la guerre au Moyen-Orient fait repartir l’inflation et avec elle, le risque de voir les taux d’intérêt des emprunts repartir à la hausse. En France, le taux de l’OAT à 10 ans, qui fait figure de référence pour les crédits immobiliers, a atteint des niveaux inédits depuis la crise financière de 2008, tutoyant les 3,8 %. Pour autant, les taux d’emprunt restent relativement stables en avril, autour des 3 %.

Ainsi, selon le baromètre du courtier en ligne Emprunt Direct, ils s’établissent à 2,85 % sur 10 ans, 3,05 % sur 20 ans et 3,15 % sur 25 ans. « Les taux connaissent une légère réindexation de 0,10 point. C’est un moindre mal car, avec le risque d’escalade au Moyen-Orient, on craignait de voir les taux s’emballer à 0,40 ou 0,50 %. L’annonce du cessez-le-feu a fait retomber une partie de la pression mais la prime de risque reste élevée », constate Alban Lacondemine.

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Pour le président-fondateur d’Emprunt Direct, « les banques ont rogné sur leurs marges et temporisent cette hausse car le crédit reste un produit d’appel important pour recruter et fidéliser leurs clients. Nous entrons, au printemps, dans un temps fort de l’habitat. Une hausse trop forte risquerait de bloquer le marché ».

Marché fébrile

Reste que cette accalmie, portée par la concurrence entre les banques, s’inscrit dans un contexte très fragile. « Même s’il y a une respiration, le marché est fébrile. La production de crédits a légèrement augmenté, mais demeure inférieure de moitié à 2022. Si certaines banques essayent d’aider les jeunes avec des prêts bonifiés, les primo-accédants sont encore rares, pénalisés par la demande d’apport, entre 10 et 20 % du prix du bien. Une partie de la population est écartée de l’accession à la propriété », ajoute Alban Lacondemine.

Et le refus, en mars dernier, du Haut Conseil de la stabilité financière d’assouplir les critères de financement (35 % de taux d’effort et une durée maximale de 25 ans), ne viendra pas donner de l’air de ce côté. Dans ces circonstances, le courtier conseille de ne pas différer son projet. « Il ne faut pas attendre une baisse des taux. Avec le nombre élevé de biens sur le marché, l’acquéreur a les cartes en mains pour négocier le prix. Mon conseil : faire valider en amont les conditions de financiabilité pour donner plus de poids à sa négociation ».

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