Romain-sur-Meuse, le village où le mètre carré est le moins cher de France
Romain-sur-Meuse : le village le moins cher de France

Romain-sur-Meuse : l'immobilier à prix cassé au cœur de la Haute-Marne

Qui aurait imaginé que Romain-sur-Meuse, ce modeste village d'une centaine d'âmes niché au cœur de la Haute-Marne, deviendrait un jour le sujet d'un reportage complet sur RTL ? La raison de cette soudaine notoriété réside dans une statistique immobilière étonnante : selon une enquête du site Seloger.com, ce village détient le prix au mètre carré le plus bas de toute la France.

Un record national qui fait parler

Le constat est sans appel : à Romain-sur-Meuse, le prix moyen du mètre carré pour une maison s'établit à seulement 570 euros, soit trois fois moins que la moyenne nationale. Une donnée qui a propulsé ce petit bourg sous les projecteurs médiatiques.

À l'agence immobilière Orpi de Chaumont, la préfecture du département, on connaît parfaitement ce village pourtant discret. « J'y ai vendu quatorze maisons ces dernières années et je connais très bien ce village. J'habite à côté et j'y ai même vécu longtemps », confie Anaïs Otabide, directrice de l'agence.

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L'experte immobilière nuance toutefois ce titre de village « le moins cher de France ». « Il y a eu beaucoup de transactions ces dernières années, cela a beaucoup alimenté la base de données statistiques mais il y a des petites communes dans le Bassigny, toujours dans ce secteur certes, qui peuvent être encore moins chères », précise-t-elle. Cependant, comme les transactions y sont plus rares, ces communes restent moins « référencées » dans les statistiques nationales.

Des opportunités immobilières exceptionnelles

En parcourant les annonces immobilières de Romain-sur-Meuse et des communes avoisinantes, les opportunités sont véritablement saisissantes pour les acquéreurs aux budgets modestes. Les exemples parlent d'eux-mêmes :

  • Une maison de maître de 475 m2 avec 13 pièces à Laferté-sur-Aube, nécessitant certes des travaux, mais proposée à seulement 90.000 euros, soit environ 189 euros du mètre carré
  • Une maison de huit pièces à Clinchamp disponible pour 49.000 euros, ce qui représente 209 euros du mètre carré, avec double vitrage, un garage, un petit jardin, et dans un état habitable immédiat

« C'est quand même des produits habitables pour ces prix, en bon état et pour pas cher ce qui n'est pas forcément le cas partout », souligne Anaïs Otabide avec conviction.

La qualité de vie comme atout majeur

Au-delà des prix attractifs, le secteur offre des avantages indéniables en termes de qualité de vie. « On n'a pas besoin de galérer pour se garer », plaisante l'agente immobilière. « Il y a de la verdure, de beaux paysages, deux châteaux », énumère-t-elle avec enthousiasme.

Avec de tels prix immobiliers, les conditions d'accès à la propriété se simplifient considérablement. « Il n'y a pas forcément besoin d'un apport conséquent ou même de deux salaires », explique Anaïs Otabide, soulignant ainsi l'accessibilité financière exceptionnelle de ce marché immobilier.

Le revers de la médaille : l'isolement géographique

Ces prix si attractifs ont cependant une contrepartie significative : l'isolement. « On n'a pas de médecin, de commerce, de pharmacie ou d'école. On a besoin de prendre la voiture pour tout », reconnaît Anaïs Otabide avec franchise.

La situation devient particulièrement complexe pour les familles. « C'est quand même compliqué quand on a des enfants qui font des études et qui sont obligés de partir », regrette-t-elle. Côté emploi, les opportunités sont limitées à Romain-sur-Meuse, principalement concentrées dans l'agriculture et l'usine de fromage Caprice des dieux, qui représente un employeur majeur de la région.

L'experte tempère toutefois ce tableau en précisant qu'à cinq minutes environ se trouve la ville de Bourmont avec son collège, sa supérette, les pompiers et les secours. Pour un médecin généraliste, il faut compter dix minutes de trajet, et pour les soins plus conséquents, direction Chaumont, la ville préfecture, à 35 minutes.

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Témoignage d'une habitante de longue date

Noëlle, 72 ans, est née et vit depuis toujours à Romain-sur-Meuse. La septuagénaire apprécie son cadre de vie malgré les inconvénients. « C'est isolé c'est vrai, mais on est à cinq kilomètres d'un supermarché », relativise-t-elle avec philosophie.

Concernant le phénomène des ventes immobilières, Anaïs Otabide explique : « La plupart du temps, les maisons sont en vente après le décès de personnes âgées car les enfants ne souhaitent pas les conserver ». Noëlle elle-même a vendu la maison de ses parents dès leur disparition pour s'en « débarrasser ».

Quant au prix bas qui caractérise le marché local, la septuagénaire adopte une position équilibrée : « c'est une bonne nouvelle pour la personne qui achète, une moins bonne pour celle qui vend. Il y a quand même des maisons qui se sont vendues pour 20.000 euros », ironise-t-elle avec un sourire.

Un attrait touristique et résidentiel croissant

Le marché immobilier local attire également une clientèle internationale. « Beaucoup d'étrangers achètent une maison secondaire dans la région », précise Anaïs Otabide. « Les Hollandais particulièrement parce qu'ils aiment les terrains immenses, les grandes maisons avec des beaux volumes pour pas cher car il n'y a pas ça là-bas ».

Ces acquéreurs sont généralement des quadragénaires qui viennent « profiter de l'air pur… et de la tranquillité surtout ». Noëlle observe ce phénomène : si l'hiver le village reste très calme avec la plupart des maisons fermées, l'animation commence à renaître au printemps avec l'arrivée des résidents secondaires.

Cette fréquentation saisonnière ne perturbe cependant pas fondamentalement la tranquillité des habitants permanents, préservant ainsi le caractère paisible qui fait partie du charme de ce village au prix immobilier exceptionnel.