Un professionnel de l'immobilier niçois lance un cri d'alarme
Éric Martin, dirigeant de l'agence immobilière Gestion Cassini à Nice, a décidé de passer à l'action face à ce qu'il qualifie de « situation intolérable ». Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il expose les dégâts considérables causés par un locataire d'un local commercial destiné à la restauration, situé à seulement 200 mètres de la célèbre place Masséna.
Un constat de dévastation alarmant
Les images tournées par le professionnel révèlent un spectacle de désolation dans ce qui était encore récemment un établissement de bar. « Tout est consigné dans le procès-verbal d'huissier », précise Éric Martin, qui énumère les dégradations :
- Climatisation et prises électriques arrachées
- Luminaires et tableau électrique détruits
- Vaisselle entièrement cassée
- Sol souillé et bar endommagé
- Conserves éventrées répandues au sol
- Balustrade de mezzanine saccagée à coups de marteau
Le procès-verbal officiel mentionne également que « l'ensemble du local est sale, des détritus et morceaux de verre jonchent le sol ».
Des conséquences financières et juridiques lourdes
Au-delà des dégradations matérielles, le locataire a accumulé 33 000 euros de loyers impayés. Éric Martin explique que ce montant ne représente qu'une partie des pertes : « Il faudra ajouter les frais de procédure et les frais de réparation. J'ai déjà un devis de 12 000 euros pour la seule électricité. Le total dépassera certainement les 50 000 euros ».
Le professionnel dénonce également les lenteurs du système judiciaire : « Les procédures durent longtemps, cela immobilise les biens et engendre énormément de frais. Le juge finira par nous donner raison, mais ces processus prennent un temps considérable ».
Un problème qui dépasse le cadre privé
Éric Martin souligne que ces situations ont des répercussions plus larges : « Quand le loyer n'est pas versé, c'est aussi un manque à gagner pour l'État car le propriétaire ne paie pas les taxes et impôts afférents. C'est donc un problème pour toute la collectivité ».
Il exprime sa frustration face à ce qu'il perçoit comme des failles systémiques : « Chez Gestion Cassini, on en a marre. On dénonce les locataires qui ne paient pas, qui détruisent, les avocats qui demandent systématiquement des renvois alors que leurs clients continuent à exploiter leurs fonds de commerce, et les magistrats qui acceptent ces renvois ».
Une réaction politique et préventive
Le dirigeant de l'agence immobilière révèle avoir attendu la fin des élections municipales avant de publier sa vidéo, « car la personne concernée figurait sur une liste ». Il lance un appel à des mesures plus strictes : « Il faudrait davantage de garde-fous pour que les professionnels qui se comportent ainsi ne puissent pas refaire le même coup à un autre endroit. J'ai entendu dire que le monsieur ici concerné cherchait déjà un autre local dans le Vieux-Nice ».
Cette affaire met en lumière les difficultés rencontrées par les propriétaires et gestionnaires immobiliers face à des locataires indélicats, et soulève des questions sur l'efficacité des protections juridiques existantes dans le secteur de l'immobilier commercial.



