Le château de l'Épinay, situé à Dolus-le-Sec en Indre-et-Loire, est un témoin silencieux du passage du marquis de La Fayette. Son portrait orne encore l'un des escaliers en pierre de tuffeau menant à l'étage. Le propriétaire actuel, Gilles Gognet, confie que le lieu « séduit immanquablement les amateurs d'Histoire ». Et on ne saurait s'en étonner. Car ce château offre une immersion rare et intime auprès de l'une de ses grandes figures : le marquis de La Fayette (1757-1834). « Héros des deux mondes » pour son rôle dans l'indépendance américaine et la Révolution française, il fut, par sa mère, l'ancien maître des lieux.
Un château multicentenaire
L'histoire du château ne se résume pas à cet illustre occupant, tient à souligner Gilles Gognet. Multicentenaire, sa partie la plus ancienne, une chapelle templière alors rattachée à sa commanderie, remonte au XIIe siècle. Il a bénéficié d'extensions à la Renaissance, dont la cour et ses colonnes sont le gracieux héritage, pour n'être entièrement achevé qu'à la fin du XVIIIe siècle. « Nous avons, bien sûr, été séduits par sa dimension historique, retrace le propriétaire, qui l'a acquis il y a six ans avec son épouse. Mais nous tenions aussi à ce qu'il soit confortable à vivre pour ses occupants d'aujourd'hui. »
Rénovation alliant modernité et authenticité
L'intérieur et les infrastructures « hors d'âge » du château ont nécessité une réhabilitation sans dénaturation. « Nous ne voulions surtout pas habiter un musée », raconte Gilles Gognet. Le couple a fait appel à plusieurs dizaines de Compagnons du devoir pour un vaste chantier de près de six mois. Ils ont doté l'entièreté du château (1 430 mètres carrés) de tout le confort moderne, installé deux piscines chauffées dans le parc de 6 hectares, réhabilité le vieux court de tennis et aménagé les annexes en deux gîtes touristiques de charme.
Des pièces vastes et lumineuses
« Il était impératif que les rénovations soient de bonne facture et l'ensemble des lieux accueillant et chaleureux », précise le propriétaire. De la très belle entrée aux trois pièces de réception, de l'immense escalier à la suite parentale, des vingt chambres aux six salles de bains, le projet a tenu ses promesses. « Il faut dire que nous bénéficiions d'un atout assez rare : les pièces du château sont vastes et lumineuses », complète Gilles Gognet, tout à la nostalgie de le quitter bientôt. Et avec lui, son allée cavalière bordée de hêtres et d'érables. « L'emprunter a été un enchantement de tous les jours... »
Un nouveau chapitre pour le château
Mais « il est temps de passer le flambeau », poursuit-il. « Nous y avons vécu une partie de notre vie, elle se sépare maintenant de celle du château… Nous ne sommes que des passeurs. » Le couple de propriétaires le sait : l'Épinay séduira demain d'autres amoureux d'Histoire et de belles pierres, désireux ou non d'en poursuivre l'activité touristique déjà dense. « L'essentiel est qu'ils l'aiment et qu'ils vivent avec lui, et à leur tour, une belle histoire. » Confié à l'agence immobilière de prestige Coldwell Banker, son prix de présentation a été évalué à 2 385 000 euros.



