Taxe sur les grandes fortunes : l'étude qui contredit Zucman
Taxe sur les grandes fortunes : l'étude qui contredit Zucman

Une étude inédite réalisée pour le collectif Trop, c'est trop ! par Pierre Andrews, doctorant en économie, avec le soutien scientifique des économistes Nathalie Janson, Antoine Levy, Olivier Redoulès et Erwann Tison, contredit frontalement une idée largement partagée au Parti socialiste et à La France insoumise. Selon cette analyse, la taxe sur les grandes fortunes proposée par l'économiste Gabriel Zucman ne rapporterait rien au budget de l'État. Pire, elle l'impacterait négativement à hauteur d'une dizaine de milliards d'euros.

Un rendement nul, voire négatif

L'étude, dont L'Express a obtenu des extraits, détaille les mécanismes par lesquels une telle imposition pourrait se révéler contre-productive. Les auteurs estiment que les contribuables concernés, principalement les ultra-riches, adapteraient leur comportement fiscal en délocalisant leurs actifs ou en modifiant leur résidence fiscale. Ainsi, au lieu de générer des recettes, la taxe entraînerait une fuite des capitaux et une baisse des autres impôts (comme l'impôt sur le revenu ou l'impôt sur les sociétés), aboutissant à un solde négatif pour les finances publiques.

Des hypothèses contestées

Les économistes pointent notamment le fait que la proposition de Zucman, qui vise un taux de 2% sur les patrimoines supérieurs à 50 millions d'euros, est basée sur des hypothèses optimistes concernant l'élasticité de la base imposable. En réalité, selon les travaux de Pierre Andrews et de ses collègues, l'élasticité serait bien plus forte, rendant la taxe inefficace. "Les études empiriques sur les expériences passées, comme la suppression de l'ISF en France, montrent que les contribuables réagissent fortement aux incitations fiscales", explique Pierre Andrews.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un débat relancé à l'approche de la présidentielle

Cette étude intervient alors que la proposition de Gabriel Zucman, qui avait été reprise par certains candidats de gauche, est au cœur des discussions économiques de la campagne présidentielle. Pour le collectif Trop, c'est trop !, il s'agit de démontrer que cette mesure, bien que populaire dans l'opinion, serait contre-productive. "Nous voulons montrer que les solutions simplistes ne fonctionnent pas et qu'il faut des réformes plus complexes pour réduire les inégalités", déclare un porte-parole du collectif.

Des critiques de l'étude

Du côté des partisans de la taxe, on conteste la méthodologie de l'étude. Gabriel Zucman lui-même, interrogé par L'Express, a qualifié les conclusions de "erronées" et a rappelé que ses propres travaux, publiés dans des revues à comité de lecture, démontrent la faisabilité d'une telle taxe si elle est mise en œuvre à l'échelle internationale. "L'évasion fiscale n'est pas une fatalité si les pays coopèrent", a-t-il affirmé.

Un impact politique potentiel

Quoi qu'il en soit, cette étude pourrait influencer le débat public. En apportant des arguments chiffrés, elle offre une contre-analyse aux propositions de taxation des grandes fortunes. Pour le collectif Trop, c'est trop !, l'objectif est atteint : "Nous espérons que les décideurs politiques prendront en compte ces données avant de légiférer." L'étude complète doit être publiée prochainement, et les économistes appellent à un débat scientifique approfondi sur le sujet.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale