La TVA en berne : un manque à gagner de 6 milliards d'euros en 2025
La future présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, a présenté un constat alarmant à l'Assemblée nationale, à Paris, le 13 janvier 2026. Les experts du ministère de l'économie et des finances, situé à Bercy, reconnaissent avec une certaine amertume que la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) a généré des recettes bien inférieures aux attentes en 2025, pour la troisième année consécutive. Cette situation est jugée préoccupante, car la TVA constitue la première ressource fiscale de la France.
Un écart significatif par rapport aux prévisions budgétaires
Le point de départ de cette problématique est simple et clair. Selon le budget établi par François Bayrou et adopté en février 2025, la TVA devait rapporter à l'État la somme de 101,4 milliards d'euros en 2025, ce qui représentait une augmentation de 4,7% par rapport à l'année précédente. Cependant, les rentrées réelles se sont avérées décevantes et en deçà des projections.
Les derniers chiffres, encore provisoires, indiquent que les recettes nettes issues de la TVA ont en réalité reculé de 0,9% à périmètre constant sur l'année 2025, pour atteindre 98,1 milliards d'euros. Cela se traduit par un manque à gagner de 3,3 milliards d'euros pour la part de la TVA qui revient directement à l'État.
En intégrant l'autre moitié des recettes, qui est destinée aux collectivités locales et à la Sécurité sociale, l'écart global entre les prévisions initiales et la réalité dépasse désormais les 6 milliards d'euros. Cette divergence importante soulève des questions sur la fiabilité des modèles économiques et la santé des finances publiques.
Les premières mesures annoncées par Amélie de Montchalin
Face à cette situation critique, la ministre du budget Amélie de Montchalin a pris les devants. Après l'examen minutieux d'un rapport commandé en urgence pour analyser les causes de ce déficit, elle a annoncé de premières mesures correctives le jeudi 12 février 2026. Cette annonce est intervenue juste avant son départ de Bercy pour assumer ses nouvelles fonctions à la présidence de la Cour des comptes.
Les mesures proposées visent à identifier et à colmater durablement les fuites de recettes, souvent comparées à un problème de robinet défectueux. Les experts évoquent plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène, notamment une pression fiscale trop faible dans certains secteurs, des joints défectueux dans les mécanismes de collecte, ou encore des espoirs initiaux démesurés dans les prévisions.
Il appartiendra désormais au successeur d'Amélie de Montchalin au ministère du budget de mettre en œuvre ces mesures avec rigueur et détermination. L'objectif est de restaurer la confiance dans le système fiscal et de garantir des recettes stables pour financer les services publics essentiels. La suite de ce dossier reste à suivre de près, car les enjeux sont majeurs pour l'équilibre budgétaire du pays.