Une campagne de déclaration 2025 marquée par la régulation des locations Airbnb
La campagne de déclaration des revenus pour l'année 2025, qui concerne pas moins de 442 000 foyers fiscaux dans le département, introduit une mesure significative visant à freiner l'expansion des locations de type Airbnb. Les propriétaires louant des meublés de manière non professionnelle doivent accorder une attention particulière à leur déclaration cette année, car les règles ont évolué de manière substantielle.
La loi Le Meur entre en vigueur pour encadrer les locations touristiques
Depuis le 1er janvier 2025, une disposition issue de la loi Le Meur de novembre 2024 est pleinement applicable. Cette mesure a pour objectif de réguler les locations saisonnières afin de soutenir, voire de renforcer, l'offre de locations à l'année. Elle s'appliquera concrètement dans la déclaration 2026 des revenus perçus en 2025. Le législateur cherche ainsi à rendre la location touristique moins attractive pour les propriétaires, particulièrement dans les zones où le marché locatif annuel est qualifié de « tendu ».
Cette situation est particulièrement prégnante dans diverses zones littorales de la Charente-Maritime, notamment à La Rochelle. L'essor des plateformes comme Airbnb, ciblant principalement les touristes, pose des défis majeurs pour la population permanente, incluant les actifs, les étudiants et les retraités, qui rencontrent des difficultés croissantes pour se loger, que ce soit en location ou en accession à la propriété.
Des changements majeurs dans les plafonds et abattements fiscaux
Les modifications fiscales sont notables pour les loueurs en meublés non professionnels :
- En 2024, le seuil maximal pour bénéficier du régime micro-BIC était de 77 700 euros pour les locations de courte durée non classées, et de 188 700 euros pour les locations classées et les chambres d'hôtes.
- En 2025, ce plafond chute à 15 000 euros pour la première catégorie et à 77 700 euros pour la seconde.
- Parallèlement, l'abattement fiscal pour les locations saisonnières non classées passe de 50 % à 30 %, tandis que celui pour les locations classées et les chambres d'hôtes diminue de 71 % à 50 %.
En cas de dépassement de ces limites, les Finances publiques indiquent que les usagers basculent vers le régime réel d'imposition, qui est bien moins avantageux. Ce régime nécessite de tenir une comptabilité conforme au code du commerce et au plan comptable général. Ainsi, à revenus et charges comparables entre 2024 et 2025, de nombreux loueurs devraient s'attendre à une augmentation de leur imposition cette année.
Impact départemental et innovations technologiques
Cette disposition affecte des milliers de loueurs en meublés en Charente-Maritime. Par ailleurs, une nouveauté technologique majeure accompagne ces changements : la facturation électronique. À partir de septembre 2025, plus de 10 millions d'acteurs économiques entreront progressivement dans ce dispositif au niveau national, comme le souligne Patrice Laussucq, directeur départemental des Finances publiques de la Charente-Maritime. Pour les loueurs en meublés non professionnels, cette obligation ne s'appliquera vraisemblablement qu'à partir de septembre 2027.
Autres aspects de la campagne de déclaration 2025
La campagne, qui a débuté le 9 avril et se poursuit jusqu'au 21 mai, présente peu d'autres nouveautés. La contribution différentielle sur les hauts revenus, avec un taux d'imposition minimal de 20 %, est maintenue et ne devrait toucher que quelques centaines de foyers fiscaux dans le département, soit environ 400 comme l'an dernier.
Pour tous les contribuables, le barème de l'impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9 %, une augmentation moindre par rapport aux 1,8 % de 2024 en raison de l'inflation. Sur les 442 000 foyers fiscaux du département, 46,5 % sont effectivement imposés, ayant permis une collecte de 723,7 millions d'euros l'an dernier.
En outre, 1 933 contribuables sont redevables de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) en 2025, un chiffre en légère hausse due à la valorisation régulière du patrimoine bâti sur le marché immobilier départemental. L'IFI a rapporté 17,5 millions d'euros l'an dernier, soulignant l'importance de cette taxe dans le paysage fiscal local.



