Premier vice-président de la FNSEA et président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, Jérôme Despey a réagi ce vendredi 22 août à la confirmation du maintien des droits de douane à 15% pour la plupart des produits européens exportés aux États-Unis, dont les vins et spiritueux. « Au moment où débutent les vendanges dans un contexte particulièrement difficile, entre le climat et la grave déconsommation, c’est une nouvelle épreuve que la filière des vins et spiritueux subit », a-t-il déclaré.
Des conséquences lourdes pour les exportations
Jérôme Despey, lui-même viticulteur, a souligné l'impact significatif de cette mesure : « Cela va avoir des conséquences très fortes sur nos exportations. Car avec la variation du taux de change dollar-euro, on avoisine les 30% sur l’entrée aux États-Unis pour les producteurs français. Ce qui va entraîner de facto une baisse de 10 à 15% de nos exportations aux États-Unis. » Il a rappelé que les États-Unis constituent le premier marché pour les vins et spiritueux français, et qu'il faut des années pour substituer un autre marché à celui-ci. « On y travaille à en conquérir de nouveaux, en Asie, en Grande-Bretagne, mais c’est difficile », a-t-il ajouté.
Un appel à la négociation
Malgré cette situation, Jérôme Despey affirme ne pas vouloir « rester les bras ballants. Le combat n’est pas terminé. L’accord dit que des arrangements spécifiques selon les secteurs peuvent être aménagés. Et je pense que le secteur des vins et spiritueux doit sortir de l’accord-cadre. Les Américains ont intérêt à ce que l’on parvienne à des droits de douane à 0% en réciprocité. » Il propose que l’Union européenne ne taxe pas le bourbon et le whisky, et que les États-Unis ne taxent pas le vin et le cognac.
« Pour l’instant, les vins et spiritueux sont donc restés figés à 15%. Mais le gouvernement et l’Union européenne doivent parvenir à les sortir de cet accord et à négocier des droits nuls. Le sujet n’est pas clos, ce doit être la priorité des négociations qui vont se poursuivre. Sinon, il faudra alors voir comment le gouvernement et l’Union européenne assument et accompagnent la filière des vins et spiritueux », a-t-il conclu.



