Choisir de ne pas choisir, c'est aussi une forme de décision. Quelque 500 000 dirigeants d'entreprises familiales vont devoir passer le flambeau dans la décennie qui vient. Le problème, c'est que la transmission est toujours une étape dangereuse quand elle est mal anticipée. De fait, 15 % à 20 % seulement des entreprises familiales en France sont reprises par un héritier, contre 56 % en Allemagne et près de 70 % en Italie.
Un constat alarmant pour les entreprises familiales françaises
Ces chiffres illustrent un retard structurel dans la transmission des entreprises en France. Selon Hervé Le Lous, qui a hérité des laboratoires Urgo créés par son père et les a fait grandir pour devenir un géant mondial du médical, la clé réside dans une anticipation précoce et une communication ouverte au sein de la famille. Il a planché sur cette question pendant des années avant de céder la barre en septembre 2019.
La solution originale d'Hervé Le Lous : une direction alternée
Face au défi de choisir un successeur unique parmi ses trois fils, Hervé Le Lous a proposé une formule étonnante : une direction alternée tous les trois ans. Chacun des trois fils prendra ainsi la tête de l'entreprise à tour de rôle, permettant une transition progressive et évitant les conflits de succession. Pour L'Express, Hervé Le Lous a accepté de nous parler de cette succession singulière.
Les défis de la transmission dans les PME familiales
Cette expérience pourrait servir de modèle à d'autres entreprises familiales confrontées au même dilemme. En France, le manque de préparation et les réticences à déléguer expliquent en partie le faible taux de reprise par les héritiers. Pourtant, des solutions innovantes comme la direction alternée ou le recours à des managers externes peuvent assurer la pérennité de l'entreprise tout en préservant l'harmonie familiale.



