La transition écologique transforme profondément le marché du travail, créant un double besoin de formation, selon une étude récente. D'une part, il s'agit de former les actifs déjà en poste aux nouvelles pratiques durables dans leur secteur. D'autre part, il faut permettre à ceux qui le souhaitent de se reconvertir vers des métiers dits "verts".
Un enjeu de taille pour l'emploi
Le constat est sans appel : la transition écologique va bouleverser des millions d'emplois en France. Certains métiers vont disparaître, d'autres vont évoluer, et de nouveaux vont émerger. Pour faire face à ce défi, le système de formation professionnelle doit s'adapter rapidement. Les experts estiment que d'ici 2030, plus de 3 millions de postes devront être adaptés ou créés dans des secteurs comme l'énergie, le bâtiment, les transports ou l'agriculture.
Former les salariés en poste
Le premier besoin identifié est celui de la formation continue des salariés déjà en emploi. Il ne s'agit pas nécessairement de changer de métier, mais d'acquérir de nouvelles compétences pour intégrer les enjeux environnementaux dans leur travail quotidien. Par exemple, un conducteur de bus devra apprendre à utiliser des véhicules électriques, un agriculteur à adopter des pratiques agroécologiques, ou encore un architecte à concevoir des bâtiments à énergie positive.
Les entreprises sont appelées à jouer un rôle clé dans cette montée en compétences. Elles doivent investir dans la formation de leurs équipes pour rester compétitives et répondre aux nouvelles réglementations. Les branches professionnelles sont également mobilisées pour élaborer des certifications adaptées.
Accompagner les reconversions
Le second besoin concerne les personnes qui souhaitent changer de métier pour s'engager dans des filières plus durables. La transition écologique offre en effet de nombreuses opportunités dans des secteurs porteurs comme les énergies renouvelables, l'économie circulaire, la rénovation énergétique ou la mobilité douce.
Pour ces publics, il est essentiel de proposer des parcours de formation qualifiants, accessibles à tous, quel que soit le niveau de diplôme initial. Les dispositifs existants, comme le compte personnel de formation (CPF) ou le projet de transition professionnelle (PTP), doivent être renforcés et mieux orientés vers les métiers verts.
Des défis à relever
Plusieurs obstacles freinent encore cette double dynamique. Le manque d'information sur les métiers et les formations disponibles est l'un des premiers freins. De nombreux actifs ignorent les possibilités offertes par la transition écologique. Par ailleurs, l'offre de formation doit être territorialisée pour répondre aux besoins locaux, et les formateurs eux-mêmes doivent être formés aux nouvelles compétences.
Enfin, le financement de ces formations reste un enjeu crucial. Si les entreprises et les pouvoirs publics investissent déjà, les moyens doivent être augmentés pour atteindre l'ampleur nécessaire. La transition écologique ne pourra réussir sans une main-d'œuvre qualifiée et formée.



