Stellantis subit une perte colossale de 22,3 milliards d'euros en 2025
Le constructeur automobile Stellantis a dévoilé jeudi des résultats financiers catastrophiques pour l'année 2025, avec une perte nette abyssale de 22,3 milliards d'euros. Cette somme astronomique représente la deuxième plus importante perte jamais enregistrée par un groupe français, un triste record qui souligne les profondes difficultés traversées par le géant italo-franco-américain.
Un plan stratégique coûteux et un revirement dans l'électrique
Cette hémorragie financière monumentale s'explique principalement par des charges exceptionnelles de 25,4 milliards d'euros. Ces provisions colossales financent un vaste plan de restructuration qui marque un revirement stratégique majeur pour le groupe. Stellantis a en effet décidé de réduire drastiquement sa production dans le segment des véhicules électriques, où les ventes se sont révélées très en deçà des attentes initiales, tout en relançant activement des modèles à essence et diesel.
Cette décision radicale fait directement suite aux difficultés rencontrées par les modèles électriques de Stellantis sur le marché américain, un territoire clé pour le constructeur. Sous l'administration Trump, le segment électrique a reculé, privé du soutien gouvernemental attendu, forçant le groupe à adapter sa stratégie.
Des lueurs d'espoir au second semestre et des perspectives pour 2026
Malgré cette perte historique, le second semestre 2025 a apporté quelques lueurs d'espoir. Stellantis a enregistré une progression de son chiffre d'affaires de 10%, atteignant 2,8 millions de véhicules vendus, soit une hausse de 11% en volume. Cette performance est notamment portée par un rebond spectaculaire de 39% en volume sur le marché américain.
Les provisions annoncées serviront concrètement à financer l'arrêt de certains modèles électriques et l'abandon de projets d'usines de batteries. Le groupe a notamment confirmé la vente de ses 49% dans NextStar Energy, qui développait la première gigafactory de batteries au Canada, et envisage une sortie de sa coentreprise avec Samsung, prévue pour construire deux gigafactories aux États-Unis.
Malgré le choc de 2025, Stellantis maintient ses perspectives pour 2026, tablant sur une amélioration progressive de son chiffre d'affaires net et un retour à une marge positive. Les ventes devraient être soutenues par le lancement de nouveaux modèles, en particulier des pick-up thermiques sur le marché américain, avec une stratégie de prix en hausse aux États-Unis mais en baisse en Europe.
Une perte dans l'histoire des groupes français
Avec 22,3 milliards d'euros de perte, Stellantis s'inscrit dans la sombre histoire des déroutes financières françaises. Seul le groupe Vivendi a fait pire, avec une perte de 23,3 milliards d'euros en 2002. Stellantis devance ainsi France Télécom (20,7 milliards en 2002) et EDF (17,9 milliards en 2022). Cette perte est presque le triple du précédent record pour un constructeur automobile français, détenu par Renault avec 8 milliards d'euros de perte en 2020.
Un marché électrique mondial inégal et des ambitions revues à la baisse
Le revirement de Stellantis intervient dans un contexte mondial où le marché du tout électrique se développe de manière très inégale. Alors que les voitures 100% électriques représentent environ la moitié des ventes en Chine, elles ne pèsent que 8% aux États-Unis et environ 20% en Europe. Ces chiffres sont encore très loin de l'objectif de 90% fixé par l'Union européenne pour 2035.
Face à cette réalité, Stellantis a dû revoir ses ambitions à la baisse. En 2022, le groupe annonçait vouloir vendre 100% de véhicules électriques en Europe et 50% aux États-Unis d'ici 2030. Un objectif qui semble aujourd'hui hors de portée, poussant le constructeur à revenir vers les motorisations thermiques. « Il n'y a pas de conflit entre diesel et innovation, il faut fournir ce que les clients demandent », justifie-t-il, défendant sa nouvelle orientation stratégique.



