Alors que la saison estivale débute, Florence Boilleau, fondatrice de la marque Alvana Swimwear, présente ses modèles de maillots de bain dans son atelier de fabrication à Six-Fours, créé en 2020. Cet atelier « hautement équipé » de plusieurs machines à coudre a nécessité un investissement de 250 000 euros.
Esthétique et durabilité au cœur de la stratégie
Pour « gagner la confiance des clientes », Florence Boilleau mise sur l'esthétique et la qualité. Au catalogue : des maillots en satin « offrant une grande résistance », des vêtements de plage en velours, des paréos en matières éco responsables, ainsi que des accessoires en cuir, sacs en crochet, foulards en soie, étuis à lunettes en tissu, porte-clés et bijoux réalisés avec des chutes. « On intègre la question de la durabilité dans chacune de nos créations », assure la dirigeante. « D'ailleurs la réfection des coutures est garantie à vie », dit-elle en tirant sur l'élastique d'une culotte. « On utilise les mêmes produits et tissus que les maisons de luxe. »
Son leitmotiv : « vendre moins mais mieux », ce qui implique un prix plus élevé que la fast fashion. Par exemple, 180 euros le maillot de bain deux pièces en velours. Plus de 90 % des ventes sont réalisées via le site alvana.fr, ainsi qu'en boutiques parisiennes. « Sur notre première collection sortie en 2024, il fallait se démarquer. Désormais mon objectif est de produire un maillot fabriqué en France à moins de 80 euros, pour des femmes qui font du M ou du L, pas seulement des tailles mannequin », annonce la fondatrice, qui « a la chance que nos maillots soient portés par des célébrités », comme l'actrice française Frédérique Bel.
« L'intelligence de la main » et souveraineté nationale
Mais difficile de trouver de la main-d'œuvre compétente dans une région historiquement peu orientée vers le textile. « Il faut revenir à l'intelligence de la main et intéresser les jeunes si on veut garder notre savoir-faire dans notre pays. La souveraineté nationale est une nécessité, pas une option. » Comme Dona, une stagiaire guidée par Gisèle, sa tutrice. « Aujourd'hui je n'ai plus de salariée, elles sont toutes autoentrepreneuses, se désole la cheffe d'entreprise. On me supplie de prendre des jeunes car il n'y a plus d'ateliers nulle part. »
Malgré « les charges » sur le travail qui « pèsent lourdement » sur une TPE comme la sienne, Florence Boilleau croit dur comme fer à la production locale. « On a le soutien de la Chambre de métiers et de l'artisanat, de la Fédération française de l'industrie, et on a confiance dans nos produits labellisés Origine France garantie. » L'entrepreneuse souhaite aussi diversifier ses tissus, en utilisant du lin « français bien sûr » dans le prêt-à-porter de plage, et envisage de sortir une gamme pour les hommes.



