Le groupe Seb lance un vaste plan de restructuration pour retrouver sa compétitivité
Dans un contexte de forte pression concurrentielle, particulièrement venue d'Asie, le groupe français d'électroménager Seb, propriétaire des marques emblématiques Moulinex, Tefal et Rowenta, a dévoilé un plan d'économies ambitieux. Cette annonce intervient en marge de la présentation de ses résultats pour l'année 2025, marquée par des difficultés financières significatives.
Jusqu'à 2.100 emplois supprimés dans le monde, dont 500 en France
Le plan de restructuration prévoit la suppression de jusqu'à 2.100 postes à l'échelle mondiale. Sur ce total, 500 emplois seraient concernés en France. Le directeur général, Stanislas de Gramont, a toutefois tenu à préciser que la production sur le territoire national « n'est pas concernée » par ces réductions d'effectifs et qu'« il n'y aura pas de départs contraints » dans l'Hexagone.
En France, les postes touchés se situeront principalement dans les « activités support », telles que la finance, les ressources humaines, la logistique, le marketing et le développement produit. Sept entités juridiques sont potentiellement visées, incluant des sites à Pont-Evêque en Isère, Mayenne en Mayenne, Rumilly en Haute-Savoie, ainsi que le siège social situé à Écully, dans la périphérie lyonnaise.
Une restructuration à l'échelle européenne et mondiale
Le plan s'étend bien au-delà des frontières françaises. En Europe, jusqu'à 900 emplois supplémentaires pourraient être supprimés. Le groupe a engagé des discussions avec les partenaires sociaux, notamment en Allemagne, concernant « l'avenir de la production sur trois usines » ainsi que certains points de vente.
À l'international, 700 postes sont susceptibles d'être supprimés, avec une répartition équitable prévue. Certains pays comme l'Égypte, la Turquie ou le Brésil pourraient être « un peu plus impactés », selon les déclarations du directeur général.
Un contexte financier difficile malgré des résultats en apparence positifs
La décision de ce plan drastique s'explique par une situation financière préoccupante. Stanislas de Gramont a reconnu que la première priorité du groupe était de « redresser la rentabilité » après avoir connu « un accident en 2025 » dans ce domaine.
Le chiffre d'affaires du groupe a reculé de 1,2% en 2025 pour s'établir à 8,17 milliards d'euros. Si le bénéfice net a augmenté de 5,6% pour atteindre 245 millions d'euros, cette progression est trompeuse. Elle s'explique en grande partie par une amende de près de 190 millions d'euros infligée en 2024 par l'autorité de la concurrence pour entente avec d'autres fabricants. Sans cette pénalité, l'évolution en 2025 aurait été bien moins favorable.
Le résultat opérationnel, qui exclut cette sanction, a quant à lui chuté de 25%. Cette baisse est attribuée en partie à des difficultés sur le marché américain et à un environnement perturbé par les droits de douane. Mais le dirigeant pointe également « une transformation forte de la relation entre les marques et les consommateurs » et « une accélération des cycles d'innovation ».
Un plan d'action complet avec intégration de l'intelligence artificielle
Le plan de restructuration ne se limite pas aux suppressions d'emplois. Il comprend également des économies sur les achats, l'amélioration de l'efficacité industrielle et « l'optimisation des frais de structure ». L'ensemble de ces mesures devrait générer 200 millions d'euros d'économies, pleinement effectives à partir de 2028.
L'intelligence artificielle jouera un rôle central dans cette rationalisation. Le groupe souhaite notamment « réduire de 30% le temps de mise en marché » de ses innovations. Pour y parvenir, Seb prévoit de rapprocher ses équipes de recherche et développement des zones de production, alors qu'actuellement « 50% de ce qui est produit en Asie » est développé en France.
Le marketing sera également transformé avec l'objectif de « tripler » la présence du groupe sur les réseaux sociaux, grâce à « l'intégration progressive de l'intelligence artificielle » dans ces métiers.
Des objectifs ambitieux pour le futur
Malgré ce contexte difficile, le groupe anticipe une croissance de son résultat opérationnel dès 2026. À moyen terme, Seb espère avec ce plan « renouer avec sa trajectoire historique » en visant une croissance organique annuelle des ventes de 5% et une marge opérationnelle de 10%, pour ensuite tendre vers 11%. Un objectif ambitieux alors que cette marge n'était que de 7,4% en 2025.
Cette restructuration douloureuse apparaît ainsi comme le prix à payer pour que le groupe français retrouve sa compétitivité face à une concurrence mondiale de plus en plus féroce, tout en s'adaptant aux nouvelles réalités du marché et aux attentes changeantes des consommateurs.



