Le groupe SEB lance un vaste plan de restructuration pour relancer sa croissance
Le groupe français d'électroménager SEB, propriétaire des marques Moulinex, Tefal et Rowenta, a dévoilé un plan d'économies ambitieux et draconien. Ce plan prévoit jusqu'à 2 100 suppressions de postes à l'échelle mondiale, dont 500 en France, dans le but de renouer avec une trajectoire de croissance rentable et de s'adapter à un marché devenu extrêmement concurrentiel.
Des impacts différenciés selon les régions
Stanislas de Gramont, le directeur général du groupe, a précisé à l'Agence France-Presse que ces mesures sont nécessaires pour faire face à une concurrence, notamment asiatique, « plus rapide et plus intense ». En Europe, jusqu'à 1 400 emplois pourraient être concernés, avec 500 postes potentiellement supprimés en France, exclusivement sur la base du volontariat. La production française « n'est pas concernée » par ces réductions d'effectifs, et « il n'y aura pas de départs contraints » dans l'Hexagone.
En France, les suppressions toucheront principalement les « activités support », telles que la finance, les ressources humaines, la logistique, le marketing et le développement produit. L'intelligence artificielle jouera un rôle clé dans ces rationalisations. Sept entités juridiques sont potentiellement visées, incluant des sites à Pont-Evêque (Isère), Mayenne (Mayenne), Rumilly (Haute-Savoie) et le siège social à Ecully, en périphérie lyonnaise.
Une stratégie mondiale pour redresser la rentabilité
Hors d'Europe, jusqu'à 700 postes supplémentaires pourraient être supprimés, avec une répartition équitable, bien que des pays comme l'Égypte, la Turquie ou le Brésil soient « un peu plus impactés ». Le groupe a également entamé des discussions avec les partenaires sociaux en Allemagne concernant l'avenir de trois usines de production et de certains points de vente.
Stanislas de Gramont a expliqué que « notre première priorité, c'est de redresser la rentabilité », suite à un « accident en 2025 ». En effet, le chiffre d'affaires du groupe a reculé de 1,2% à 8,17 milliards d'euros cette année-là. Bien que le bénéfice net ait augmenté de 5,6% à 245 millions d'euros, cette progression est en trompe-l'œil, masquée par une amende de près de 190 millions d'euros infligée en 2024 pour entente illicite. Le résultat opérationnel, hors cette sanction, a chuté de 25%.
Objectifs et innovations pour l'avenir
Le plan d'action complet, qui inclut également des économies sur les achats, une amélioration de l'efficacité industrielle et une optimisation des frais de structure, devrait générer 200 millions d'euros d'économies. Ces mesures seront pleinement effectives d'ici 2027, avec 2028 comme première année de bénéfice intégral.
Pour accélérer son adaptation, SEB vise à « réduire de 30% le temps de mise en marché » de ses innovations. Le groupe souhaite rapprocher ses équipes de recherche et développement des zones de production, notamment en Asie, où 50% des produits sont actuellement développés en France. De plus, il prévoit de tripler sa présence sur les réseaux sociaux et d'intégrer progressivement l'intelligence artificielle dans ses métiers marketing.
À moyen terme, SEB espère retrouver sa trajectoire historique avec une croissance organique annuelle des ventes de 5% et une marge opérationnelle visant 10%, puis 11%, contre 7,4% en 2025. Le groupe anticipe déjà une croissance de son résultat opérationnel pour 2026, marquant le début de son redressement stratégique.



