Bihorel : le salon Vimont, 80 ans de coiffure de père en fille
Salon Vimont : 80 ans de coiffure de père en fille

Une lignée de coiffeurs depuis 1945

Tout commence avec Raymond Vimont en 1945 à Bihorel, en Seine-Maritime. Aujourd'hui, c'est Louise, 24 ans, son arrière-petite-fille, qui a choisi de reprendre le salon de coiffure familial, situé sur la place de l'église. Quatre générations de coiffeurs se sont succédé sur les plateaux nord de Rouen. À l'origine, l'aïeul tenait sa première affaire dans l'Eure, à Lieurey, à côté de sa femme, modiste. « C'est durant la guerre qu'ils sont venus à Rouen, rue Lafayette d'abord », raconte Jacques, le père de Louise, assis dans l'arrière-boutique, autrefois un garage devenu le bureau de sa fille. « Mais leur salon a été détruit par les bombes et ils ont acheté ici ».

De la coiffure masculine à la mixité

À l'origine, le salon était dédié aux hommes. Jacques, le père, s'est tourné vers la coiffure pour l'ambiance et les relations humaines. « Dans mon métier, pour connaître la tendance chez les hommes, il fallait suivre la coupe des joueurs de foot ! » explique-t-il. « Dans les années 1970, c'était les Verts avec Rocheteau, Platini… Tout le monde voulait avoir les cheveux longs. Et il ne fallait pas parler de tondeuse, ça faisait trop service militaire ! » Au début des années 1990, il décide de passer à la coiffure mixte, une révolution après celle des rendez-vous, presque une hérésie à l'époque. « J'en ai entendu. Les anciens disaient : Si le coiffeur, ça devient comme chez le médecin ! »

Un changement de parcours pendant le Covid

Pour Louise, le salon est une seconde maison. Depuis qu'elle est petite, tous les habitués la connaissent. « J'ai un client qui était étudiant en médecine quand je l'ai connu, sourit Jacques. Et il vient tout juste de prendre sa retraite ». À 78 ans, Jacques passe encore donner quelques coups de ciseaux pour ses clients les plus fidèles, mais c'est Louise qui a repris les rênes. Pourtant, la jeune femme ne se destinait pas à la coiffure. « J'ai fait l'Essec à Cergy. J'aime les maths, la finance… Je ne pensais pas reprendre l'affaire ». Son père ajoute : « C'était une élève brillante acceptée dans les meilleures écoles. Je voulais lui laisser faire son chemin ». Il avait même préparé son départ.

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Le déclic du confinement

Le Covid et le confinement ont tout changé. « Ça m'a donné le temps de réfléchir à mon avenir », se souvient Louise. « Je ne trouvais pas mon compte dans le cursus choisi, mais j'avais envie d'entreprendre, d'être autonome ». Elle intègre alors un Bachelor Coiffure en trois ans initié par L'Oréal, se forme à la technique et à la gestion, et prend la succession de Jacques en 2024, près de 80 ans après la naissance du salon Vimont. Son père avoue : « Je n'y croyais pas. C'était une immense surprise qui m'a rendu heureux ». Raymond, le fondateur, aurait sans doute été fier.

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