Coup dur pour l'aéroport Béziers-Cap-d'Agde : la compagnie Ryanair a annoncé la suspension de la ligne Paris-Beauvais vers Béziers pour la saison hivernale, à compter du 31 octobre prochain. Cette décision, une première, entraîne une baisse d'un tiers de l'activité de l'infrastructure et aura des répercussions sur l'emploi local.
Une annonce attendue mais brutale
Fabrice Creon, directeur de l'aéroport Béziers-Cap-d'Agde, avait déjà exprimé ses inquiétudes face au retard de communication du programme hivernal par Ryanair. Désormais, le couperet est tombé : la ligne vers Paris-Beauvais est supprimée pour cinq mois. « On s'achemine en effet vers ça, la ligne est arrêtée sur les cinq mois d'hiver. Cela ne veut pas dire qu'elle ne va pas reprendre en avril… », nuance-t-il.
Seules deux destinations hivernales sont maintenues : Bruxelles-Charleroi et Londres. Pourtant, la fréquentation des avions était bonne. « Ils sont les maîtres du jeu, ils font ce qu'ils veulent, lâche Philippe Vidal, président du syndicat mixte aéroport Béziers Cap-d'Agde. C'est une stratégie tournée vers l'État français qu'ils accusent d'augmenter les taxes aéroportuaires. »
Une stratégie à revoir
Béziers fait les frais de la suppression d'un avion Ryanair à Paris-Beauvais. La compagnie irlandaise a annoncé une diminution de 8 % de son activité sur cet aéroport, et se retire également complètement de Bergerac, Brive et Strasbourg.
Philippe Vidal insiste : « Il ne faut pas être totalement Ryanair dépendant. Je vais réunir le bureau pour décider de la stratégie à venir. Nous avons un contrat qui arrive à échéance en février-mars 2026, il faut revoir notre stratégie. On poursuit vers le nord ? On s'oriente davantage vers des destinations au sud ? Il appartient aux élus d'y réfléchir. Il ne faut pas attendre que ça nous tombe dessus. »
Conséquences économiques et emplois menacés
L'aéroport Béziers-Cap-d'Agde bénéficie du soutien financier de plusieurs collectivités (Agglo Béziers Méditerranée, Hérault Méditerranée, Office de tourisme Cap-d'Agde Méditerranée, Département, Région Occitanie, Agglo de Sète, Domitienne), qui détiennent toutes des parts du syndicat. Ce soutien est justifié par les retombées économiques et touristiques de l'équipement, qui représente une centaine d'emplois directs et bien d'autres induits.
Interrogé sur les conséquences pour l'emploi, Philippe Vidal répond : « Oui, il peut évidemment y avoir des conséquences sur les emplois directs et indirects. » Une réflexion sera engagée début septembre. « Il ne faut pas prendre de décision abrupte et inconsidérée », conclut-il.



