Une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) remet en cause l'efficacité des politiques de rigueur budgétaire. Selon ce rapport publié le 4 juillet 2026, les mesures d'austérité mises en œuvre depuis 2010 n'ont pas permis de réduire durablement le taux d'endettement public en France. Au contraire, la dette publique a continué de progresser, passant de 82 % du PIB en 2010 à 112 % en 2025.
Des résultats contre-intuitifs
L'OFCE souligne que les politiques de réduction des dépenses publiques et de hausse des impôts ont eu un effet récessif, freinant la croissance économique. Or, une croissance plus faible réduit les recettes fiscales et augmente mécaniquement le ratio dette/PIB. Selon les auteurs de l'étude, chaque point de PIB perdu en raison de l'austérité a accru la dette de 0,5 point supplémentaire.
L'économiste Éric Heyer, co-auteur du rapport, déclare : « Les gouvernements successifs ont misé sur la rigueur pour rassurer les marchés, mais cette stratégie a paradoxalement alourdi la charge de la dette. » Il ajoute que sans les plans d'austérité, le taux d'endettement serait aujourd'hui inférieur de 10 points.
Comparaisons internationales
L'étude compare la France à d'autres pays européens. L'Allemagne, qui a mené une politique de rigueur plus modérée, a vu son endettement baisser de 82 % à 68 % du PIB entre 2010 et 2025. En revanche, l'Italie, qui a appliqué une austérité sévère, a vu sa dette passer de 119 % à 145 % sur la même période.
L'OFCE recommande une approche alternative : privilégier les investissements publics dans la transition écologique et le numérique, qui stimulent la croissance à long terme. Selon leurs simulations, une augmentation de 1 % des dépenses publiques d'investissement pourrait réduire le ratio dette/PIB de 2 % à horizon 2030.
Réactions politiques
Le gouvernement actuel, qui avait fait de la réduction de la dette une priorité, a pris acte de l'étude. Le ministre de l'Économie a indiqué qu'il « examinera les propositions de l'OFCE avec attention », mais a rappelé que la crédibilité budgétaire reste essentielle. De son côté, l'opposition de gauche a salué une étude qui « donne raison à ceux qui dénoncent l'austérité depuis des années ».
L'OFCE insiste sur le fait que ses conclusions ne remettent pas en cause la nécessité de maîtriser les finances publiques, mais appellent à une réorientation des politiques vers plus d'investissement et moins d'austérité.



