Une soixantaine d’étudiants et enseignants se sont réunis ce mardi 26 mai pour manifester contre l’augmentation des frais d’inscription des étudiants originaires de pays hors de l’Union européenne. « C’est une loi raciste », s’insurge au milieu du rassemblement Louise, étudiante en cinéma à l’Université Bordeaux Montaigne. Militante du NPA, elle a répondu à la mobilisation nationale de nombreux syndicats étudiants pour manifester contre le décret du ministère de l’Enseignement supérieur visant à augmenter les frais d’inscription des étudiants originaires de pays hors UE, dès septembre.
Un décret jugé paradoxal
Le gouvernement justifie ce décret dans une logique de rééquilibrage financier, et soutient que l’augmentation des frais permettrait d’améliorer la qualité de l’enseignement et donc l’attractivité des universités. Une idée très « paradoxale », selon les manifestants réunis place de la Victoire, ce mardi 26 mai à Bordeaux. « Nous allons appauvrir l’université car ceux qui ont les moyens vont privilégier d’autres établissements », déplore Isabelle Touton, enseignante-chercheuse en espagnol à Bordeaux Montaigne. « On perd en plus en diversité dans nos cours, ce qui fait l’exception culturelle française », insiste Jason Mullaly, enseignant en anglais, lui-même d’origine américaine, et ayant bénéficié de l’attractivité de l’université bordelaise dans les années 1990. « Avec ce modèle, on se rapproche des facs américaines. »
Des hausses significatives dès 2026
Dès la rentrée de septembre 2026, les étudiants non ressortissants de l’Union européenne devront ainsi s’acquitter de droits d’inscription fixés à 2 895 euros par an en licence, contre 178 euros aujourd’hui, et 3 941 euros en master, contre 254 euros. Une évolution qui n’est pas particulièrement du goût de Dean Lewis, le président de l’Université de Bordeaux. « D’un point de vue politique, il est difficile de comprendre en quoi une augmentation des droits d’inscription permettrait, à elle seule, de renforcer l’attractivité des universités françaises », a déclaré le professeur agrégé de physique dans une interview publiée sur le site de l’université.
« Cette augmentation pourrait instaurer une forme de sélection par l’argent contraire aux valeurs d’ouverture, d’universalité du savoir et d’humanisme auxquelles les universités françaises sont profondément attachées. Cette orientation apparaît également en contradiction avec les ambitions affichées par la France en matière de coopération internationale et de soutien aux pays en développement », conclut-il. Les universités pourront exonérer 30 % de leurs étudiants extracommunautaires de ces frais à la rentrée 2026-2027, un plafond qui sera dégressif, à 25 % l’année suivante, puis 20 % à partir de 2028.



