Deux ans après l'annulation en appel de son licenciement, Maria Inés Rodriguez réclame 141 000 euros à la Ville de Bordeaux. Dernière étape en date d'une procédure vieille de huit ans, l'affaire a agité le landerneau culturel en 2018, jusqu'à provoquer une tribune signée par un collectif de personnalités du monde de l'art dans le journal Libération. Huit ans après, le licenciement de Maria Inés Rodriguez, alors directrice du CAPC, le musée d'art contemporain de Bordeaux, n'est toujours pas soldé.
Une procédure judiciaire au long cours
Le tribunal administratif avait annulé en 2020 ce licenciement pour insuffisance professionnelle, jugement confirmé par la cour administrative d'appel il y a deux ans. Restait à régler les indemnités dues à l'intéressée. Ainsi, cette procédure au long cours repassait par la case tribunal administratif mercredi 22 avril. L'ex-directrice réclame 141 000 euros au total à la Ville de Bordeaux, une somme qui concerne des indemnités liées à la perte de son salaire entre août 2018 et février 2020, échéance de son CDD de trois ans, mais aussi en réparation des troubles subis et du préjudice moral.
Des demandes d'indemnisation détaillées
À titre d'exemple, ce dernier point fait l'objet d'une demande à hauteur de 50 000 euros. Si Maria Inés Rodriguez fait valoir que son éviction brutale et le relais qui en a été fait dans la presse ont terni sa réputation professionnelle, la rapporteuse ne relève toutefois pas d'appréciation dévalorisante sur la qualité de son travail, ce qui place le curseur à 4 000 euros. Elle suggère au tribunal de condamner la Ville de Bordeaux à 36 574 euros, assorti de l'intérêt avec capitalisation de cet intérêt, précision qui pourrait voir la note s'élever autour de 50 000 euros.
La position de l'avocat de l'ex-directrice
Avocat de l'ex-directrice du CAPC, qui travaille aujourd'hui en Belgique, Me Sylvain Galinat accorde une vocation pédagogique à la procédure. Il déclare : « Il ne peut y avoir pire que la gestion des ressources humaines par le politique », ciblant M. Robert, adjoint à la culture d'alors, pour ne pas le citer, qui s'est épanché sur les difficultés qu'il avait avec Mme Rodriguez. Il ajoute : « Cette toute-puissance désastreuse doit être sanctionnée. » La décision sera rendue le 20 mai.



