Une étude récente de l'Observatoire du management, menée auprès de 2 000 jeunes actifs de moins de 35 ans, révèle que 78 % d'entre eux considèrent le management comme essentiel à leur épanouissement professionnel. Ce chiffre surprend, alors que les discours médiatiques insistent souvent sur une prétendue défiance généralisée des jeunes envers l'autorité hiérarchique.
Un rejet des pratiques autoritaires, pas du management
Selon l'enquête, 62 % des jeunes interrogés affirment avoir déjà quitté un emploi à cause d'un mauvais management. Cependant, 84 % estiment qu'un bon manager peut les aider à progresser et à donner du sens à leur travail. « Les jeunes ne rejettent pas le management en soi, mais les formes de management qui manquent d'écoute, de transparence et de reconnaissance », explique Marie Dupont, sociologue du travail à l'université Paris-Dauphine.
L'étude distingue clairement les attentes : 71 % des jeunes souhaitent un manager qui fixe des objectifs clairs, tandis que 68 % recherchent un soutien dans leur développement de compétences. En revanche, 74 % rejettent un management trop directif ou basé sur le contrôle excessif.
La quête de sens au cœur des attentes
Le besoin de sens est un facteur clé : 69 % des jeunes estiment que leur travail doit avoir un impact positif sur la société. Pour 57 % d'entre eux, un bon management consiste à aligner les objectifs de l'entreprise avec leurs valeurs personnelles. « Nous assistons à une mutation du contrat psychologique entre le salarié et l'employeur. Les jeunes veulent être acteurs de leur travail, pas de simples exécutants », ajoute Marie Dupont.
L'étude montre également que 55 % des jeunes préfèrent un management participatif, où les décisions sont prises en équipe. Seuls 12 % plébiscitent un management strictement hiérarchique. Ces résultats remettent en cause l'idée d'une génération « anti-manageriale ».
Des implications pour les entreprises
Pour les entreprises, ces données incitent à repenser les modèles de management. 63 % des jeunes affirment que la qualité du management est un critère déterminant dans le choix d'un employeur. Les organisations qui investissent dans la formation des managers à l'écoute active et à la délégation pourraient donc gagner en attractivité.
L'Observatoire du management recommande de favoriser des styles de management adaptatifs, combinant autonomie et cadre structurant. « Il ne s'agit pas de supprimer la hiérarchie, mais de la rendre plus fluide et plus humaine », conclut l'étude.



