La collecte des déchets va pouvoir reprendre dans les communes de l'agglomération Sophia Antipolis. Après cinq jours de conflit social, les salariés de Veolia ont mis fin à leur mouvement de grève, mardi 2 juin en soirée, à l'issue d'une ultime réunion avec la direction. Le terme d'un conflit qui perturbait, depuis jeudi 28 mai, la collecte des déchets dans plusieurs communes de la Communauté d'agglomération Sophia Antipolis (Casa).
Une situation maîtrisée malgré l'absence de collecte
Quelques heures avant ce dénouement, la situation demeurait inhabituelle mais relativement maîtrisée sur le terrain. Malgré l'absence de collecte dans certains secteurs, habitants et commerçants rencontrés faisaient preuve de patience, tout en espérant une issue rapide aux négociations. Conséquence directe du mouvement social, la collecte des emballages, cartons, verres ou déchets végétaux restait fortement perturbée à Châteauneuf-Grasse, Le Rouret, Roquefort-les-Pins ou au Bar-sur-Loup. Dans certains points d'apport volontaire, les premiers signes de saturation commençaient à apparaître.
Au Bar-sur-Loup, toutefois, les conteneurs installés dans le centre du village étaient encore loin de déborder. Devant son établissement, en plein dressage pour le service du midi, le gérant du Bistro Le Donjon observait la situation avec pragmatisme. « Pour le moment, nous ne sommes pas vraiment impactés. Les conteneurs ne sont pas pleins et, si besoin, il y en a d'autres un peu partout », expliquait-il. À quelques mètres, côté mairie, le constat était similaire. Grâce au maintien d'un service minimum par la Casa, les conséquences du mouvement restaient limitées.
Un service minimum efficace
Quelques heures auparavant, les ordures ménagères avaient, d'ailleurs, été collectées dans le centre, évitant l'accumulation de sacs et les désagréments qui l'accompagnent. « Ce qui est positif, c'est que les ordures ménagères ont été ramassées, soulignait-on à la mairie. C'est essentiel en raison de la présence des sangliers, qui n'hésitent pas à éventrer les poubelles. Le non-ramassage des cartons est moins problématique, pour l'instant. »
Des professionnels particulièrement impactés
La situation apparaissait toutefois plus tendue pour certains professionnels. À Roquefort-les-Pins, le primeur Vert Tendre faisait partie des commerces les plus exposés. Son activité génère quotidiennement une importante quantité de cartons, cagettes et palettes. Si, à l'intérieur du magasin, rien ne trahissait encore les difficultés, les conteneurs situés à proximité commençaient à atteindre leurs limites. Plusieurs débordaient déjà sous l'accumulation des emballages.
« Pour nous, cette grève peut vite devenir problématique, confiait l'un des gérants entre deux clients. Nous produisons beaucoup de cartons et de palettes. En dehors de notre local poubelle, nous n'avons pas vraiment d'espace de stockage. Si la situation se prolonge, cela risque de devenir compliqué à gérer. Il faudrait donc que la collecte reprenne rapidement. » Un souhait finalement exaucé, quelques heures plus tard. La reprise progressive de la collecte devrait désormais permettre un retour à la normale dans les communes concernées et l'évacuation des déchets accumulés ces derniers jours.
Un accord trouvé après des négociations tendues
Cinq jours après le début du mouvement social, la situation s'est donc débloquée. Alors que la réunion de lundi 1er juin entre la direction et les représentants des salariés n'avait débouché sur aucun accord, celle qui s'est tenue, mardi 2 juin, a permis de trouver une issue au conflit. « Nous avons signé un protocole de sortie de grève, se réjouit Foued Chebouha, délégué syndical CGT, joint ce mardi soir. Nous avons obtenu plusieurs avancées qui faisaient partie de nos revendications. »
Y figure, notamment, la régularisation des coefficients. Cette mesure permettra à certains chauffeurs de voir leur coefficient revalorisé à 114 C. Pour les salariés actuellement classés à 118, l'accès à la qualification C pourra intervenir dès 2027, contre 2029 auparavant. Des accords de groupe concernant le handicap, avec un accompagnement renforcé, seront également déclinés au sein de l'entreprise. « Sur la question des coefficients, il existait une forme de discrimination, explique le représentant syndical. Ces avancées sont positives, même si elles ne répondent pas à tout. Nous restons vigilants, l'affaire est à suivre. »
Pour rappel, le service de collecte des déchets n'a pas été assuré normalement durant cinq jours. Dans un communiqué, la Casa avait toutefois indiqué qu'un service minimum était maintenu, lorsque les conditions le permettaient. La priorité était donnée aux sites les plus sensibles, écoles, hôpitaux et maisons de retraite, mais aussi aux gros producteurs de déchets – supermarchés, restaurants et ports – ainsi qu'aux centres bourgs, afin de limiter les répercussions du conflit sur le quotidien des habitants.



