Fautras, une entreprise périgourdine qui mise sur l'innovation pour surmonter les difficultés
Après une année 2023 marquée par des difficultés économiques significatives, le fabricant périgourdin Fautras a su retrouver sa dynamique en misant résolument sur l'innovation et une communication décalée sur les réseaux sociaux. Issu d'une longue lignée de professionnels du cheval, Jean-Léonard Fautras a repris l'entreprise familiale en 2011, poursuivant ainsi l'héritage lancé par ses parents dans les années 1990.
Une spécialisation unique dans le transport équin
Fautras s'est construit une solide réputation dans le secteur des vans pour chevaux et des remorques, avec une approche centrée sur l'innovation pour améliorer le confort des équidés. « Notre politique a toujours été d'adapter nos produits au comportement du cheval », explique le PDG de l'entreprise. La société, basée à Montcaret en Dordogne, emploie aujourd'hui 80 salariés et se distingue comme la seule en France à fabriquer des vans tractés spécifiquement pour le transport de chevaux.
La production maintient une forte intégration locale : les pièces en acier sont réalisées sur place dans les ateliers de Montcaret avant d'être galvanisées en Gironde. Cependant, la vie de cette petite entreprise n'est pas exempte de turbulences. En 2023, les difficultés économiques ont contraint Fautras à placer ses salariés en chômage partiel pendant plus de quatre mois, en raison d'un manque de commandes. « Heureusement, on a lancé de nouveaux produits et investi, ce qui nous a permis de repartir », confie Jean-Léonard Fautras.
Investissements et innovations produits
Parmi les récentes innovations, Fautras a développé une nouvelle ligne de vans baptisée Oblic X, caractérisée par un espace sellerie plus spacieux à l'avant et un système de malle adapté aux besoins des cavaliers lors des déplacements en concours. Cette invention a d'ailleurs fait l'objet d'un dépôt de brevet, s'ajoutant aux huit brevets déjà déposés par l'entreprise.
L'entreprise a également réalisé des investissements substantiels dans son outil de production, notamment avec l'acquisition d'un robot de soudure et la réinternalisation d'une partie de la fabrication. « Nous faisions 60 % de la fabrication, nous sommes passés à 80 % et l'objectif est de tendre vers 100 % », précise le dirigeant. Les châssis et squelettes des vans sont assemblés sur place, tandis que les éléments de carrosserie en matière composite sont également produits sur le site de Montcaret.
Une communication décalée et efficace sur les réseaux sociaux
Fautras a opéré une véritable révolution dans sa stratégie de communication en misant sur les réseaux sociaux et des vidéos « faites maison », à la fois décalées et créatives. L'entreprise s'est illustrée avec des productions originales, comme une parodie de « Mission impossible » où le patron se met en scène à la manière de Tom Cruise, réalisant des cascades et combattant ses adversaires. « On fait tout nous-mêmes, les salariés sont sympas, ils se prêtent au jeu », commente Jean-Léonard Fautras.
Cette approche audacieuse porte ses fruits : Fautras cumule près de 70 000 abonnés sur TikTok, Facebook et Instagram. « L'impact est immédiat. C'est beaucoup plus rapide que les canaux traditionnels de communication. Quand on veut présenter un produit, on le fait savoir dans la journée, grâce à une vidéo sur les réseaux », souligne le PDG. L'entreprise complète cette stratégie en collaborant avec des influenceurs spécialisés dans le milieu équestre et a modernisé son site internet pour permettre aux clients de configurer leur van et d'obtenir un prix instantané.
Performance économique et développement à l'international
En 2025, Fautras affichait un chiffre d'affaires de 12,6 millions d'euros, en progression par rapport aux 10,5 millions d'euros de 2024. L'entreprise vend près d'un millier de véhicules annuellement, dont 15 % de remorques fermées, une autre de ses spécialités. Elle s'appuie sur un réseau d'une quinzaine de revendeurs en France et un nombre équivalent à l'étranger.
Le développement international constitue un axe stratégique majeur : « Nous exportons surtout chez nos voisins européens et un peu en Suède. Une vingtaine par an sont vendus aux États-Unis et nous avons de nouveaux marchés en Australie, République tchèque et Slovénie. L'export représente un tiers de notre chiffre d'affaires », détaille Jean-Léonard Fautras. Avec 80 % de sa fabrication assurée dans les ateliers de Montcaret, l'entreprise périgourdine combine ainsi ancrage territorial et ouverture sur le monde.



