Cinq pharmaciens jugés pour avoir accepté des cadeaux des laboratoires Urgo
Cinq pharmaciens jugés pour cadeaux d'Urgo

Cinq gérants d'officines du Sarladais et du Bergeracois comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Bergerac (Dordogne) le mardi 26 mai à 13 h 30. Ils sont soupçonnés d'avoir accepté indûment des cadeaux de la part des laboratoires Urgo, spécialistes renommés des pansements et des soins de la peau. Quatre pharmacies, dont une en cogérance, sont concernées par cette affaire.

Des cadeaux de plusieurs milliers d'euros

Selon le dossier d'enquête, ces pharmaciens et pharmaciennes auraient accepté l'équivalent de plusieurs milliers d'euros de cadeaux entre 2015 et 2021. Les montants varient : plus de 7 000 euros pour l'un (mobilier de jardin, coffret Relais & Château, produits alcoolisés), près de 8 000 euros pour un autre (pendentifs, VTT électrique, service de table), environ 13 000 euros pour deux cogérants, et près de 5 500 euros pour le dernier prévenu.

Présumés innocents

Pour l'heure, les intéressés sont présumés innocents et pourront s'expliquer devant le tribunal. Ils sont poursuivis pour « perception non-autorisée par un professionnel de santé d'avantages procurés par une personne assumant une prestation de santé ou commercialisant des produits sanitaires ».

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Une affaire nationale

Cette affaire s'inscrit dans un vaste dossier d'ampleur nationale. Elle avait débuté en Côte-d'Or, où le groupe pharmaceutique Urgo possède son siège historique. À la suite d'une enquête de la répression des fraudes, le tribunal de Dijon avait condamné Urgo en 2023 pour avoir offert des cadeaux aux pharmaciens en échange de leur renoncement à des remises.

La loi anti-cadeaux

Ces pratiques contreviennent au dispositif « anti-cadeaux », destiné à préserver l'indépendance des professionnels de santé. L'article L1453-3 du Code de la santé publique interdit aux professionnels de « recevoir des avantages en espèces ou en nature, sous quelque forme que ce soit, d'une façon directe ou indirecte ». Après la condamnation d'Urgo, les services locaux de la répression des fraudes ont pris le relais pour traduire les contrevenants devant la justice. Pas moins de 8 672 pharmacies seraient concernées sur les 20 842 que compte le territoire français, pour un montant total d'environ 55 millions d'euros. Des condamnations ont déjà été prononcées dans de nombreux départements.

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