Une mobilisation syndicale pour défendre l'industrie sidérurgique française
Plus de 250 militants de différentes fédérations de la CGT se sont rassemblés ce mercredi à proximité du Sénat pour réclamer la nationalisation d'ArcelorMittal. Cette mobilisation intervient alors qu'une proposition de loi sur ce sujet est examinée dans l'après-midi par la Chambre haute.
Un texte adopté in extremis à l'Assemblée nationale
La proposition de loi de nationalisation du géant sidérurgique, adoptée in extremis à l'Assemblée nationale fin novembre à l'initiative de La France insoumise, a été inscrite à l'ordre du jour du Sénat par les communistes dans leur espace réservé. Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat, a déclaré : « Aujourd'hui, la deuxième mi-temps s'ouvre. Quel que soit le résultat, le match se jouera dans les prolongations », évoquant un autre vote prévu à l'Assemblée nationale le 11 juin.
Un symbole fort pour l'industrie française
La dirigeante syndicale a assuré que « sans la nationalisation d'ArcelorMittal, il n'y aura plus d'acier français ni européen », fustigeant ce qu'elle qualifie de « symbole de la démission des responsables politiques face aux forces de l'argent ». Les salariés du site de Dunkerque, arrivés en large groupe au son d'une cornemuse et de pétards, ont accroché une banderole sur les grilles du jardin du Luxembourg avec le slogan : « On peut faire du METAL sans MITTAL ».
Des craintes pour l'emploi et la transition écologique
Le géant de la sidérurgie a suspendu depuis fin 2024 ses plans d'investissements dans la décarbonation en Europe et annoncé en avril un plan social en France. Gaëtan Lecoq, du site de Dunkerque, a exprimé ses préoccupations : « Si demain l'acier tombe, ça va faire un effet domino », évoquant les secteurs de l'énergie et de la cimenterie. Christopher Allet, contrôleur qualité depuis 15 ans à ArcelorMittal, a témoigné de la réduction des effectifs sur son site de Montataire, passant de 1 600 à moins de 500 salariés en vingt ans.
Un rejet probable au Sénat
Le rassemblement a eu lieu en présence des députés LFI Aurélie Trouvé, Aurélien Le Coq et Thomas Portes ainsi que de sénateurs communistes comme Michelle Gréaume et Pascal Salvodelli. La Chambre haute, nettement dominée par la droite, devrait très certainement rejeter le texte, comme lors d'une première tentative infructueuse des communistes fin octobre. Cette mobilisation syndicale souligne l'importance stratégique de cette proposition de loi pour l'avenir de l'industrie sidérurgique française et européenne.



