Le groupe pétrolier TotalEnergies a publié ce mercredi des résultats trimestriels exceptionnels, portés par l'envolée des cours du brut depuis le début de l'année. Le bénéfice net s'établit à 8,5 milliards d'euros pour le premier trimestre 2026, en hausse de 45 % par rapport à la même période en 2025. Cette performance s'explique principalement par le conflit en Iran, qui a fait grimper les prix du pétrole au-delà de 120 dollars le baril.
Un contexte géopolitique favorable
L'offensive militaire menée par les États-Unis et leurs alliés contre l'Iran a provoqué une onde de choc sur les marchés pétroliers. Les craintes d'une perturbation de l'approvisionnement mondial ont poussé les cours à des niveaux jamais vus depuis 2008. TotalEnergies, dont les activités sont fortement concentrées dans l'exploration et la production de pétrole, a largement bénéficié de cette flambée.
Des résultats records pour le premier trimestre
Le chiffre d'affaires du groupe a atteint 75 milliards d'euros, en progression de 30 % sur un an. Le bénéfice opérationnel a bondi de 50 %, à 12 milliards d'euros. La branche exploration-production a vu ses résultats multipliés par deux, grâce à la hausse des prix et à une production stable.
Le groupe a également annoncé un nouveau programme de rachat d'actions de 5 milliards d'euros pour le second semestre, ainsi qu'un dividende en hausse de 10 %. Ces annonces ont été saluées par les investisseurs, le titre gagnant 3 % à la Bourse de Paris.
Des critiques sur les profits de guerre
Ces résultats suscitent toutefois de vives critiques. Plusieurs ONG environnementales et des partis politiques de gauche dénoncent des "profits de guerre". Pour Greenpeace, "TotalEnergies profite de la mort et de la destruction pour engranger des bénéfices records. Il est temps de taxer ces superprofits et de réorienter l'économie vers la transition énergétique."
Le gouvernement, par la voix du ministre de l'Économie, a indiqué étudier une taxation exceptionnelle des bénéfices des compagnies pétrolières, tout en rappelant la nécessité de garantir la sécurité énergétique du pays.
Des perspectives incertaines
Si les perspectives à court terme restent favorables, l'incertitude géopolitique demeure. Une escalade du conflit pourrait entraîner des perturbations majeures de l'approvisionnement, mais aussi une intervention de l'OPEP pour stabiliser les cours. TotalEnergies se dit confiant dans sa capacité à naviguer dans cet environnement volatil, grâce à sa diversification dans les énergies renouvelables.
Le groupe a réaffirmé ses objectifs de réduction de ses émissions de CO2 de 40 % d'ici 2030, tout en poursuivant ses investissements dans les hydrocarbures. Une stratégie qui suscite le débat, alors que la guerre en Iran relance la question de la dépendance aux énergies fossiles.



