La start-up héraultaise SolarinBlue, convaincue par les résultats de son démonstrateur Sun’Sète installé il y a deux ans au large du port de Sète, développe une extension du parc expérimental dès 2026. Ce démonstrateur, premier parc solaire en mer de France, tient toutes ses promesses selon ses dirigeants.
Un démonstrateur performant
Ce jeudi 19 juin, les résultats des tests menés pendant plusieurs mois sur la plateforme flottante Sun’Sète ont été présentés publiquement lors du salon Seanergy, dédié aux énergies marines renouvelables. Les conclusions sont positives pour l’opérateur, qui affiche des ambitions de développement en France, notamment outre-mer, et à l’international, au service d’une énergie décarbonée.
Le démonstrateur, composé de 25 panneaux solaires sur une surface de 0,5 hectare, offre une puissance de 300 kWc, suffisante pour alimenter 200 personnes en électricité pendant un an. Le soutien de la Région Occitanie et du Port Sud de France a été crucial pour concrétiser cet essai. "Sans eux, on n’aurait rien pu faire", rappelle Aurélien Croq, directeur de SolarinBlue.
Sun’Sète, système innovant et modulable, constitue la première étape d’un projet de ferme solaire combinable avec un parc éolien en mer. "Avec Sun’Sète, on prouve la faisabilité technique du projet, liée au comportement marin d’une structure flottante, et la performance de production", estime Antoine Retailleau, directeur opérationnel et cofondateur de SolarinBlue.
Une résistance aux conditions marines
L’installation expérimentale, ancrée à 1,5 km de la côte à l’emplacement de l’ancien poste de déchargement des hydrocarbures, est composée de deux flotteurs supportant des panneaux solaires monocristallins bifaciaux, les plus performants du marché, reliés par des attaches brevetées. Le dispositif a résisté à des vagues de plus de 8 mètres en mars 2025, sans détérioration malgré les aléas comme le sirocco ou les déjections d’oiseaux.
Les performances énergétiques sont similaires à celles enregistrées au sol, avec même 6 % de production supplémentaire grâce à la lumière réfléchie sur les deux faces des panneaux. Les conditions en mer sont optimales : l’air ambiant plus frais (5 à 10 °C de moins) et le vent plus intense refroidissent les panneaux, évitant les pertes de rendement au-delà de 25 °C.
Un impact environnemental maîtrisé
L’impact environnemental est également étudié. L’Observatoire océanographique de Banyuls-sur-Mer a salué le nouveau système de liaison entre les flotteurs, qui ne fait plus de bruit et perturbe moins le milieu marin. Par ailleurs, le biofouling (animaux marins fixés sur les flotteurs) est naturellement éliminé par les coups de mer, évitant un nettoyage contraignant.
Vers une extension à 1 MWc
Fort de ces constats, SolarinBlue annonce l’extension du projet, financée à hauteur de 6 millions d’euros dans le cadre de France 2030 opéré par l’Ademe. "Le bon comportement hydrodynamique de Sun’Sète nous permet de nous projeter à 1 MWc", confirme Aurélien Croq. Dès 2026, la structure Mega Sète sera équipée d’une douzaine de modules, avec une puissance par flotteur de grande taille (20 m par 20 m) multipliée par dix. À terme, un câble sous-marin acheminera l’énergie générée en mer vers la terre.



