Pénuries de carburant en France : l'impact de la guerre au Moyen-Orient s'aggrave
Pénuries de carburant : l'impact de la guerre s'aggrave

Pénuries de carburant en France : une situation qui s'aggrave rapidement

La guerre au Moyen-Orient, notamment le blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, voie stratégique pour le commerce des hydrocarbures, provoque des tensions croissantes sur l'approvisionnement en carburants en France. Les stations-service françaises subissent des ruptures de stock de plus en plus fréquentes, créant des difficultés pour les automobilistes.

Des chiffres officiels en deçà de la réalité

La ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a tenté de rassurer la population mercredi sur TF1 en affirmant que "moins de 10 % des stations ont des difficultés totales ou partielles". Cependant, selon les données gouvernementales analysées par France Info, la réalité était déjà plus préoccupante au moment de cette déclaration.

Mercredi, 14 % des stations françaises étaient en situation de rupture sur au moins un carburant. Le phénomène s'est même accentué rapidement, comme le montrent les nouveaux chiffres du ministère de l'Économie publiés jeudi à 5 heures du matin.

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Plus de 1 600 stations touchées

Les données actualisées font état de plus de 1 600 stations-service désormais en rupture sur un ou plusieurs carburants, soit environ 16 % des 9 800 stations que compte le pays. Cette situation crée des tensions importantes dans certaines régions, comme à Carcassonne où une station était déjà à sec de gazole mercredi.

Dans le détail des ruptures :

  • Un millier de stations n'avaient plus de gazole jeudi, soit 10 % des stations françaises
  • 635 stations manquaient de sans plomb 98 (6 %)
  • 484 stations manquaient de E10 (5 %)
  • 367 stations manquaient de sans plomb 95 (près de 4 %)

Maud Bregeon précise que "la grande majorité de ces ruptures concernent des stations TotalEnergies", mais le phénomène ne se limite pas à cette enseigne.

Des pompes prises d'assaut

La situation a provoqué des scènes de panique dans certaines stations, avec des automobilistes déterminés à profiter du plafonnement des prix annoncé jusqu'au 7 avril : 1,99 € le litre pour l'essence et 2,09 € le litre pour le gazole. Dans certaines stations, le prix du gazole flirte désormais avec les 3 € le litre, créant une course aux dernières pompes à prix abordable.

TotalEnergies promet de maintenir le litre à 1,99 euro, quel que soit le carburant, toute l'année pour les clients abonnés à l'une de ses offres énergie ("avantage carburant"). Cette mesure ne concerne cependant qu'une partie des automobilistes.

Des aides ciblées en préparation

Face à cette situation préoccupante, le Premier ministre a annoncé jeudi que de nouvelles mesures pourraient être mises en place après le week-end pour aider les Français "qui ne peuvent pas faire autrement que de rouler".

"Je suis favorable à ce qu'il y ait des aides ciblées", a affirmé le chef du gouvernement. "Des ministres ont reçu un certain nombre de commandes pour me faire de nouvelles propositions en début de semaine prochaine."

À ce stade, cependant, rien de concret n'est prévu pour les automobilistes durement frappés au portefeuille par cette crise des carburants qui semble s'installer dans la durée.

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