L'énergéticien indépendant montpelliérain Qair a franchi une étape décisive en mettant sous tension ses trois éoliennes flottantes situées à une vingtaine de kilomètres au large de Port-la-Nouvelle, dans l'Aude. Il était un peu plus de midi quand la première des trois géantes a été activée, suivie par la seconde vers 14 heures, puis par la troisième en fin d'après-midi. Cette opération marque une avancée majeure dans le projet baptisé Eolmed.
Une production équivalente à la consommation du Grand Narbonne
Chaque éolienne produit 10 Mégawatts, soit un total de 30 Mégawatts d'électricité renouvelable. « Trente Mégawatts, c'est l'équivalent de la consommation domestique du Grand Narbonne », souligne Jean-Marc Bouchet, fondateur de Qair et président du conseil de surveillance. Les trois machines ont été assemblées et installées à une vingtaine de kilomètres des côtes audoises.
Un projet vieux de vingt ans
Les opérations de mise sous tension ont débuté le lundi précédent. « Après près de trois ans de travaux sur le quai industriel de Port-la-Nouvelle, avant d'être remorquées à 18 km au large, le projet Eolmed entre dans sa phase finale », explique Qair. Jean-Marc Bouchet rappelle que l'idée a germé il y a vingt ans : « Nous avons commencé à y travailler il y a vingt ans. Le projet a été abandonné en 2001 car on ne savait pas encore fabriquer des éoliennes flottantes. » Le déclic est venu de Didier Codorniou, maire de Gruissan, qui a suggéré de les installer plus au large, en pleine mer.
Des pales de 82 mètres et un investissement de 400 millions d'euros
En 2013, Qair a trouvé des partenaires prêts à faire flotter les éoliennes. En 2015, l'entreprise a remporté un appel d'offres de l'Ademe. Les pales, d'une envergure de 82 mètres, ont été assemblées sur les quais de Port-la-Nouvelle. « Le grand avantage des éoliennes en mer, c'est qu'elles peuvent évoluer vers plus de puissance, contrairement à celles sur terre, à cause des contraintes logistiques », précise Jean-Marc Bouchet, qui envisage déjà des pales de 110 mètres à l'avenir.
Qair a investi 400 millions d'euros dans ce projet, dont environ 10 % proviennent de subventions de l'Ademe et de l'Europe. « C'est sans doute le plus gros investissement dans la région ces dernières années », estime Jean-Marc Bouchet. Une partie de l'électricité verte produite alimentera également son usine d'hydrogène renouvelable, dont la mise en service est prévue pour l'été prochain.



