Hydrogène en Occitanie : une nouvelle filière énergétique en pleine émergence
Hydrogène en Occitanie : une filière en pleine émergence

À la suite du lancement du Plan Hydrogène Vert en 2019 par la Région Occitanie, la mise en place d'un nouvel écosystème dédié à cette énergie prend forme progressivement. Midi Libre fait le point sur cette filière en plein essor avec Alexandre Malavielle, directeur de la société de conseil Territoires alternatifs, basée à Castelnau-le-Lez, l'un des acteurs clés du développement de l'hydrogène dans la région.

Pourquoi l'Occitanie mise-t-elle sur l'hydrogène ?

Le point de départ est l'ambition affichée en 2018 par la Région Occitanie de devenir un territoire à énergie positive, en décarbonant ses activités et ses transports (ferroviaires, routiers, maritimes) et en misant sur une stratégie de réindustrialisation. La région dispose déjà d'un électron vert grâce aux fermes solaires et à l'éolien en mer. Pourquoi miser sur l'hydrogène ? Parce que l'hydrogène est un vecteur énergétique qui permet de stocker l'électricité renouvelable, par nature intermittente. Quand l'électricité est peu coûteuse, on l'utilise dans des électrolyseurs pour produire de l'hydrogène, qui peut ensuite être reconverti en électricité. Le prix de l'hydrogène dépend à 60 %-70 % du coût de l'électron. Il faut donc beaucoup d'électricité pour produire de l'hydrogène, d'où le défi de l'indépendance et de la souveraineté énergétique du territoire.

Quelle est la différence avec l'électricité pour les mobilités ?

L'hydrogène est complémentaire de l'électricité. Aujourd'hui, nous sommes dans un mix énergétique où l'hydrogène prendra une place croissante, notamment pour répondre aux besoins du transport intensif, qu'il soit lourd ou léger. Pour un poids lourd qui part de Belgique vers l'Espagne, rouler à l'électrique est compliqué : les arrêts pour recharger sont nombreux, ce qui n'est pas rentable. Avec un véhicule à hydrogène, il parcourt plus de kilomètres et fait le plein en moins de quinze minutes. C'est comme le gasoil, mais propre.

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Comment l'Occitanie organise-t-elle son écosystème hydrogène ?

La région s'appuie sur l'engagement de l'énergéticien français indépendant Qair, dont le siège est à Montpellier, le seul acteur qui produira de l'hydrogène après avoir été producteur d'électricité. Qair a investi 80 millions d'euros dans la future usine de production à Port-la-Nouvelle, dans l'Aude. Aujourd'hui, la préparation de cet écosystème hydrogène touche à sa fin, et l'on passe à la phase de concrétisation. L'écosystème régional sera opérationnel en 2026, avec la mise en service des deux premières stations hydrogène à Béziers et Narbonne.

Un grand avantage de l'hydrogène est qu'il ne dépendra pas des aléas géopolitiques. La région abrite des leaders mondiaux comme Qair, Genvia (à Béziers) et, dans une moindre mesure, Bulane (à Fabrègues). Les différents projets développés dans la région représenteront plusieurs centaines de millions d'euros d'investissements sur les dix prochaines années.

Pour quels usages ?

L'accent est mis sur la décarbonation des mobilités lourdes. En Occitanie, on estime à 45 000 le nombre de poids lourds immatriculés qui roulent quotidiennement. Pour lancer une station hydrogène, il faut au moins dix poids lourds roulant chaque jour à l'hydrogène. Aujourd'hui, nous sommes dans une phase d'amorçage, face à l'émergence d'une nouvelle filière pour de nouveaux usages. Il faut apprendre à utiliser l'hydrogène, comme Béziers l'envisage avec une flotte de 13 bus à hydrogène en septembre 2026.

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