L'Europe spatiale se dote d'une capacité d'intervention orbitale inédite
Europe : une capacité d'intervention orbitale en développement

Une vulnérabilité orbitale grandissante

Les états-majors occidentaux observent avec une inquiétude croissante l'espace orbital, devenu une zone de crispation. Satellites espions s'approchant dangereusement, engins aux comportements ambigus et multiplication des débris menacent les infrastructures européennes. L'Europe, bien qu'avancée en observation, manque encore de capacités d'intervention autonomes en orbite.

Le projet TAC : un verrou technologique à franchir

La Commission européenne, via son Fonds européen de défense, finance le projet TAC (Tactical-Capture) à hauteur de près de 4 millions d'euros. Ce programme de 30 mois vise à développer des opérations de service en orbite. Un consortium inédit, mené par les françaises Arcspace et Osmos X, est à la pointe de ce défi.

Arcspace : la capture par soudage spatial

Jusqu'à présent, la capture orbitale nécessitait une coopération de la cible, avec une interface standardisée et une précision millimétrique. Arcspace propose une solution innovante : le soudage par faisceau d'électrons. « Imaginez une porte sans poignée ; nous soudons une poignée en deux à cinq secondes », explique Guillaume Mohara, CEO. La technologie a été miniaturisée à la taille d'une bouteille d'eau d'un litre et demi, et brevetée pour garantir une soudure propre sans débris.

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Une tolérance qui change tout

Le système réduit l'exigence de précision : une approche à plusieurs centimètres près suffit, contrairement au millimètre requis auparavant. « Avec des satellites de 2 à 5 tonnes valant des centaines de millions, une approche millimétrique est lente et risquée », précise Mohara. Une fois capturée, la cible peut être ravitaillée, désorbitée ou neutralisée.

Osmos X : le transporteur orbital

La start-up bretonne Osmos X coordonne le consortium et développe sa flotte de véhicules de transfert orbital « Thorus ». Dotés d'une propulsion électro-plasmique issue de 35 ans de recherche, ces engins consomment trois fois moins de carburant, permettant trois fois plus de missions. « Nous pourrons jouer les remorqueurs pour les petits lanceurs européens », affirme Arnaud Masson, CEO.

Une coopération européenne

Osmos X intégrera le système de soudure d'Arcspace sur ses véhicules, avec le CNRS pour les diagnostics, l'Allemand Kinetik Space pour le bras robotique, le Suédois Vimotek pour les capteurs, et des universités italiennes et polonaises pour les algorithmes.

Vers une réactivité orbitale

Les premiers vols démonstrateurs sont attendus d'ici 2027, avec des services commerciaux visés pour 2029. Le projet TAC pose les bases des capacités civiles et militaires de l'UE dans l'espace. « Aujourd'hui, les deux clés dans l'espace sont savoir ce qui se passe et agir », souligne Masson. Avec quatre véhicules prépositionnés, l'Europe pourrait intervenir en tout point de l'orbite géostationnaire en moins de deux jours, sans attendre de commande publique.

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