Montpellier : des batteries révolutionnaires au sel bientôt disponibles
Des batteries au sel bientôt disponibles à Montpellier

Des chercheurs, notamment montpelliérains, ont mis au point un procédé utilisant le sodium, présent en abondance sur toute la planète. L’idée était à portée de main : se servir du sel présent dans les océans et la croûte terrestre pour faire fonctionner nos millions de téléphones portables et autres écrans. Après deux ans de recherche, des scientifiques français du CNRS et du CEA viennent d’annoncer avoir développé un nouveau type de batteries au sodium, c’est-à-dire à base de sel. Cette innovation représente une alternative crédible aux actuelles batteries au lithium-ion, selon le CNRS.

Une avancée majeure pour le stockage d'énergie

La nouveauté, qui tombe à pic en pleine COP21, est que ces batteries pourront à l’avenir stocker les énergies renouvelables, ce qui intéresse particulièrement les producteurs d’éoliennes. L’ensemble de ces avancées, soutenues par plusieurs ministères, fait l’objet de brevets. Le lithium, rare, cher et polluant, est massivement utilisé dans les batteries des appareils nomades, téléphones, ordinateurs portables, voitures électriques, etc. En utilisant le sodium, une source inépuisable et facile à récupérer, on s’affranchit de la dépendance aux pays tiers, explique Laure Monconduit, directrice de recherche à l’Institut Charles-Gerhardt de Montpellier associé au CNRS, qui a contribué à la recherche fondamentale.

Un avantage écologique et économique

Le lithium provient souvent de salins en Amérique latine, tandis que le sodium, présent universellement, n’est pas délocalisable. La croûte terrestre et les océans contiennent mille fois plus de sodium que de lithium. Cette abondance se traduit par des coûts moindres, ce qui intéresse les industriels. En France, nous sommes forts pour déposer des brevets, mais moins pour passer à l’industrialisation, précise Laure Monconduit. Avec ce projet utilisant des ions sodium au format industriel standard 18650, l’État a mis les moyens en créant le consortium RS2E (Réseau sur le stockage électrochimique de l’énergie), qui réunit chercheurs et industriels. En moins de deux ans, des prototypes ont été créés et des industriels se sont montrés intéressés. Les performances des deux technologies sont identiques, ajoute-t-elle. Équiper les voitures électriques de demain n’est plus un rêve.

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À titre d’exemple, l’installation de produits de stockage d’énergie solaire à domicile par la start-up EasyLi coûte actuellement environ 10 000 euros pour un particulier, installation des panneaux comprise. Selon François Barsacq, PDG d’EasyLi, la technologie au sodium permettra de baisser significativement le coût de revient et démocratisera les solutions de stockage. Le potentiel est énorme.

Un prototype prometteur

Cette nouvelle batterie au sodium est capable de se charger très rapidement et de restituer son énergie très vite. Le prototype de laboratoire étant finalisé, la prochaine étape consiste à optimiser et fiabiliser les procédés en vue d’un futur déploiement industriel. L’idée du sodium remonte aux années 1980, mais à l’époque, on pensait que c’était moins intéressant que le lithium, ce qui a conduit à l’utilisation massive du lithium pendant trente ans. Parmi les huit laboratoires impliqués figurent l’Institut Charles-Gerhardt de Montpellier et le Centre interuniversitaire de recherche et d’ingénierie des matériaux (CNRS Toulouse).

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