Carburants dans le Sud-Est : la baisse éphémère après le cessez-le-feu iranien
Les prix des carburants à la pompe ont-ils réellement baissé suite à l'annonce d'un cessez-le-feu en Iran dans le Var et les Alpes-Maritimes ? Le mercredi 8 avril, le premier ministre Sébastien Lecornu demandait une baisse des tarifs après un apaisement du conflit au Moyen-Orient. Cependant, avec l'échec des négociations entre les États-Unis et l'Iran, la situation s'est complexifiée. Analyse détaillée de l'évolution des prix dans ces deux départements du Sud-Est.
Une demande gouvernementale face à une volatilité persistante
À la veille d'une réunion avec l'ensemble des acteurs de la filière pétrolière, le premier ministre Sébastien Lecornu réclamait fermement une baisse des prix des carburants. S'adressant au Sénat, il a souligné que « lorsque la crise a démarré, les prix ont augmenté très, très vite à la pompe, alors que les citernes avaient été achetées et remplies avant le début de la guerre ». Les annonces d'apaisement au Moyen-Orient ont eu des effets presque immédiats sur le cours du Brent. Le numéro deux de l'exécutif estimait alors qu'une incidence chez les distributeurs pourrait s'observer « dès ce week-end » du 11 et 12 avril ou « le début de semaine ».
Malheureusement, l'échec des négociations entre les États-Unis et l'Iran a freiné la réduction du prix du baril et, par conséquent, des tarifs dans les stations-service. La baisse n'aura duré qu'une semaine, loin de permettre un retour aux tarifs d'avant-crise, avant une inversion de la courbe ce lundi 13 avril. La pente future de cette courbe dépendra étroitement de l'avenir des pourparlers entre les belligérants.
Évolution contrastée dans les Alpes-Maritimes
Dans les Alpes-Maritimes, les prix ont connu des fluctuations significatives :
- Gazole : Après un pic à 2,407 euros le litre le 8 avril, le prix a légèrement baissé pour atteindre 2,292 euros le 12 avril. Cependant, il est remonté à 2,309 euros le litre ce lundi 13 avril, soit une hausse de 1,7 centime.
- SP98 : Après un pic à 2,165 euros le 6 avril, il est descendu jusqu'à 2,078 euros le vendredi 10 avril, avant de remonter doucement à 2,095 euros ce lundi.
- SP95 : Ce carburant a connu des fluctuations beaucoup plus importantes, pouvant gagner ou perdre presque 10 centimes du jour au lendemain. Après une baisse depuis le 3 avril (pic à 2,144 euros), avec deux remontées les 7 et 10 avril, il s'affiche en moyenne à 2,027 euros ce lundi, en hausse de 2,2 centimes par rapport à la veille.
Situation plus favorable dans le Var
Dans le Var, les prix sont globalement plus bas que dans les Alpes-Maritimes, avec une différence de 2,4 centimes en moyenne ce lundi. La remontée des prix n'est pas encore observée pour tous les carburants :
- Gazole : Continue de baisser, atteignant 2,279 euros ce lundi, après un pic à 2,396 euros le 8 avril, soit une baisse de 11,7 centimes en cinq jours.
- SP95 : Plus stable que dans les Alpes-Maritimes, il est passé d'un pic à 2,11 euros le 6 avril à 1,985 euro ce lundi, soit une diminution de 0,125 euro.
- E10 : Reste plutôt stable après une ascension impressionnante entre le début de la guerre et le 23 mars, avec des variations de 2 ou 3 centimes et même une légère baisse depuis le 8 avril.
Le E85, épargné par la crise, et le GPLc restent les carburants les plus accessibles, bien que le GPLc ait connu une hausse particulièrement importante dans les Alpes-Maritimes pour atteindre le même niveau que le E85.
Comparaison nationale et perspectives
En comparaison avec la moyenne nationale, les prix sont globalement plus intéressants dans le Sud-Est, particulièrement dans le Var, avec des écarts de 3,8 centimes de moins pour le gazole et 6,3 centimes de moins pour le SP95. Cette situation souligne l'impact régional des fluctuations géopolitiques sur les marchés des carburants.
Les prochains jours seront déterminants pour observer si les négociations reprennent entre les États-Unis et l'Iran, ce qui pourrait influencer à nouveau les cours du pétrole et, par ricochet, les prix à la pompe. Les consommateurs et les professionnels restent vigilants face à cette volatilité persistante.



