Air France-KLM : 9,3 milliards $ de carburant, le prix des billets augmente
Air France-KLM : carburant à 9,3 milliards $, billets en hausse

Le groupe franco-hollandais Air France-KLM accuse une facture de plus de 9 milliards de dollars en carburant cette année, un surcoût qui sera essentiellement absorbé par une hausse du prix des billets. Sans impact sur l'activité pour le moment, la compagnie prévoit de payer 9,3 milliards de dollars son carburant en 2026, soit 35% de plus que dans sa précédente estimation réalisée avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février. Pour donner un ordre de grandeur, cela représente plus de 28% du chiffre d'affaires de 2025.

Un ciel qui s'obscurcit

Le ciel s'obscurcit pour Air France-KLM, non pas par manque de passagers, mais sous la pression d'un baril de pétrole incandescent. Sur le premier trimestre 2026, l'activité reste dynamique avec 22 millions de voyageurs et un chiffre d'affaires en progression de 4,4%, mais l'onde de choc du conflit au Moyen-Orient commence à peser lourdement sur ses finances.

Prix des billets en hausse

La flambée des cours, avec un Brent frôlant les 126 dollars, projette une ombre massive sur l'exercice annuel. La compagnie anticipe un surcoût vertigineux de 2,4 milliards de dollars sur sa facture de kérosène par rapport à 2025. Pour le seul deuxième trimestre, l'impact est estimé à 1,1 milliard de dollars.

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Pour amortir le choc, le groupe s'appuie sur une stratégie de couverture financière robuste, qui devrait lui faire économiser 1,5 milliard de dollars cette année. Néanmoins, ce mécanisme reste partiel. La direction a prévenu que 60% de ces hausses de coûts seraient répercutés sur le prix des billets via la « surcharge transporteur », laissant à la charge de l'entreprise une perte de 40% sur les surcoûts immédiats.

Face à cette incertitude, Air France-KLM « revoit sa voilure ». La croissance des capacités est légèrement revue à la baisse (2 à 4% contre 5% initialement) et un gel des recrutements dans les fonctions support a été décrété.

Vols maintenus, pour le moment

Pourtant, Benjamin Smith, directeur général, reste offensif : le programme de vols de l'été est maintenu et la modernisation de la flotte se poursuit. Plutôt qu'une aide financière, le groupe plaide désormais auprès des gouvernements pour une stabilité réglementaire et fiscale, seul rempart durable contre l'instabilité du marché pétrolier.

Côté opérationnel, la situation diffère selon les géographies. En Europe, l'approvisionnement semble sécurisé jusqu'en juin. Les hubs de Paris-Charles-de-Gaulle et Amsterdam-Schiphol bénéficient de liaisons directes ou de stocks stratégiques. Le groupe explore même la possibilité d'importer du carburant de type Jet A américain, malgré des complexités réglementaires. L'Asie s'avère plus complexe. Plus dépendants des exportations du Golfe, les aéroports de Singapour et Tokyo-Haneda ont officiellement demandé à la compagnie de ne pas augmenter ses fréquences de vols pour le moment. Une « suggestion » qui témoigne de la nervosité des plateformes face à la pérennité de l'offre énergétique.

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