Le gouvernement débloque 70 millions d'euros pour les secteurs touchés par la flambée des carburants
Aide de 70 millions d'euros face à la flambée des carburants

Le gouvernement annonce un plan d'aide de 70 millions d'euros face à la flambée des carburants

Le gouvernement a dévoilé vendredi un plan d'aide ciblé de près de 70 millions d'euros, exclusivement pour le mois d'avril, en réponse à la flambée des prix du carburant. Cette hausse, directement liée au conflit au Moyen-Orient, a atteint des niveaux records, avec le prix du litre de gazole qui a battu son record absolu depuis 1985 en moyenne hebdomadaire la semaine dernière.

Un dispositif limité aux secteurs les plus exposés

Le plan gouvernemental se concentre sur les secteurs jugés les plus vulnérables : la pêche, l'agriculture et les transports. Pour le transport, une enveloppe de 50 millions d'euros est prévue, destinée aux TPE et PME pouvant démontrer des difficultés de trésorerie majeures liées à cette crise. Cependant, aucune mesure générale n'a été annoncée, ce qui suscite des critiques croissantes.

Les professions mobilisées réclament des mesures plus fortes

Dès mardi, des syndicats et plusieurs professions ont intensifié leurs demandes. Les pêcheurs, par la voix du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), ont réitéré leur exigence d'une compensation à 40 centimes par litre pour l'ensemble de la flotte. Ils ont appelé à une cessation temporaire d'activité mercredi entre 12h00 et 15h00.

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Parallèlement, les chauffeurs routiers se sont mobilisés. À Nantes, des rassemblements sur le périphérique ont eu lieu, tandis que dans la Marne, une cinquantaine de camions ont mené une opération escargot sur une route nationale. Ibrahim Yilmaz, chauffeur indépendant, témoigne : « On subit 8 000 euros d'augmentation en 15 jours. Si ça continue, on va fermer. »

Les syndicats dénoncent des « mesurettes » insuffisantes

La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a souligné sur RTL que « certains secteurs doivent être soutenus », citant notamment les aides à domicile, les travailleurs sociaux et les agents publics, souvent des femmes, qui dépendent de leur voiture. Elle critique les indemnités kilométriques actuelles, jugées « insuffisantes pour couvrir les frais ».

Sophie Binet, de la CGT, est plus sévère, qualifiant les annonces gouvernementales de « mesurettes » face à une crise « au moins aussi grave que le choc pétrolier de 1973 ». Elle exige un blocage des prix de l'énergie, dénonçant une « spéculation injustifiée » des groupes pétroliers.

Les infirmières libérales, grandes oubliées du dispositif

La Fédération nationale des infirmières (FNI) a alerté mardi sur l'impact dévastateur de cette flambée sur les infirmières libérales, qui parcourent parfois 200 km par jour. Leur chiffre d'affaires est « rongé » par ces coûts. Daniel Guillerm, président du syndicat, s'indigne : « Cet oubli est inadmissible. » Il réclame des exonérations de taxes, alors que le gouvernement exclut toute baisse de la fiscalité sur les carburants, qui représente 50 à 55 % du prix à la pompe.

Ce plan d'aide, bien que salué par certains, reste perçu comme trop limité face à l'ampleur de la crise. Les pressions sociales et syndicales pour des mesures plus structurelles, comme un contrôle des prix ou un soutien élargi, ne devraient pas faiblir dans les prochaines semaines.

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