Travail le 1er-Mai : réunion cruciale entre syndicats et ministère du Travail ce lundi
Travail le 1er-Mai : réunion syndicats-gouvernement ce lundi

Une réunion cruciale sur le travail le 1er-Mai

Le ministère du Travail et les dirigeants des huit grandes centrales syndicales se réunissent ce lundi 13 avril 2026 à 18 heures pour tenter de désamorcer un conflit social explosif. Au cœur des discussions : la proposition de loi visant à étendre la possibilité de travailler le 1er-Mai, jour férié et chômé, à de nombreux secteurs professionnels.

Un texte vivement contesté

La proposition de loi, actuellement en cours d'adoption accélérée par le Parlement, prévoit d'autoriser le travail des salariés le 1er-Mai dans plusieurs types d'établissements. Les commerces de bouche de proximité comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries et fleuristes seraient concernés, ainsi que les établissements culturels tels que les cinémas, théâtres, musées et salles de spectacle.

Matignon a promis dimanche qu'il n'y aurait pas de « passage en force » sur ce dossier sensible. Les services du Premier ministre ont indiqué vouloir travailler avec les syndicats à « un périmètre très précis des commerces concernés » pour parvenir à une « solution efficace et acceptable ».

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La colère des syndicats

Les huit grandes centrales syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires) ont adressé une lettre commune au Premier ministre pour dénoncer ce qu'elles qualifient de « manœuvre » politique. Elles demandent au gouvernement de ne pas convoquer de commission mixte paritaire (CMP) et de respecter « la démocratie sociale et politique ».

Selon les syndicats, le texte va bien au-delà des petits commerces de proximité. Le projet de décret d'application inclurait également :

  • Les grandes enseignes industrielles de boulangerie et pâtisserie
  • Les chaînes de glaciers et de chocolatiers
  • Les grandes surfaces spécialisées en fruits et légumes
  • Les jardineries et graineteries

« On ne réforme pas ainsi brutalement un texte d'histoire sociale et de conquêtes collectives », ont-elles dénoncé, regrettant l'absence d'examen du texte par les députés en première lecture.

Une procédure accélérée controversée

Grâce à une motion de rejet votée vendredi par l'Assemblée nationale, le texte pourrait être adopté sans que les députés ne l'aient examiné en première lecture. Une commission mixte paritaire pourrait être convoquée dès mardi 14 avril, selon la CGT, afin de rendre le texte applicable dès le 1er-Mai 2026, comme le souhaite l'exécutif.

Yaël Braun-Pivet, présidente (Renaissance) de l'Assemblée nationale, a confirmé dimanche souhaiter « que ce texte puisse être examiné et voté avant le 1er-Mai prochain en Commission mixte paritaire ». Elle a toutefois appelé le gouvernement à discuter avec les syndicats, parlant d'« une course contre la montre ».

Menaces politiques

Le patron du PS Olivier Faure a menacé dimanche le gouvernement de déposer une motion de censure avec les autres groupes de gauche sur cette question. « Sur ce sujet-là, il ne peut pas y avoir autre chose que la relance du dialogue social », a-t-il déclaré, estimant nécessaire de « poser des limites » pour « ce jour tellement symbolique ».

Olivier Faure a précisé avoir échangé avec le président du groupe communiste Stéphane Peu, lequel considère selon lui que « si on n'est pas entendu, si le dialogue social ne trouve pas sa place, effectivement, il peut y avoir une censure ».

Le cadre légal actuel

Selon la loi, seul le 1er-Mai est un jour férié obligatoirement chômé et payé. Le Code du Travail admet actuellement qu'un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là, mais il doit travailler seul ou presque. Il peut compter sur lui-même ou des membres de sa famille non-salariés, mais pas sur ses employés, sous peine d'une amende de 750 euros par salarié concerné (1 500 euros s'il est mineur).

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La réunion de ce lundi s'annonce donc déterminante pour l'avenir de cette proposition de loi et pour les relations sociales dans le pays. Les syndicats restent fermement opposés à ce qu'ils considèrent comme une déconstruction progressive du Code du travail, tandis que le gouvernement cherche une solution pour répondre aux demandes de certains secteurs économiques tout en préservant la paix sociale.