La direction de Tefal, filiale du groupe SEB, a porté plainte pour diffamation contre Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Cette dernière a été mise en examen le 25 mai 2025, suite à des propos tenus lors d'une conférence de presse en mars 2024. Elle avait accusé Tefal de « pratiques de répression syndicale systématiques » et de « licenciements abusifs » dans son usine de Rumilly, en Haute-Savoie.
Des accusations qui fâchent
Lors de cette conférence, Sophie Binet avait déclaré : « Tefal est un exemple flagrant de répression syndicale. Les salariés qui osent s'organiser sont immédiatement ciblés. » Ces propos ont été jugés diffamatoires par la direction, qui affirme que l'entreprise respecte le droit du travail et dialogue avec les syndicats.
Le groupe SEB, maison mère de Tefal, a confirmé avoir déposé une plainte, estimant que les accusations portent atteinte à sa réputation. « Nous ne pouvons laisser de telles allégations sans réponse. La CGT utilise des méthodes de désinformation », a réagi un porte-parole.
Un conflit social ancien
L'usine de Rumilly est le théâtre de tensions sociales récurrentes. En 2023, une grève avait éclaté après l'annonce d'un plan de restructuration. Les syndicats dénoncent des conditions de travail dégradées et une pression hiérarchique accrue. La CGT avait alors saisi l'inspection du travail, qui avait relevé plusieurs manquements.
Sophie Binet, de son côté, dénonce une tentative d'intimidation. « Cette plainte est une attaque contre la liberté syndicale. On veut faire taire les voix critiques », a-t-elle déclaré après sa mise en examen. Elle sera jugée en correctionnelle en septembre 2025.
Un précédent judiciaire
Ce n'est pas la première fois que Tefal poursuit des syndicalistes. En 2021, un délégué CGT avait été condamné pour avoir distribué des tracts jugés diffamatoires. Les syndicats voient dans ces procédures une stratégie de harcèlement judiciaire destinée à épuiser les opposants.
L'affaire relance le débat sur l'équilibre entre liberté d'expression et protection de l'image des entreprises. Plusieurs organisations de défense des droits des travailleurs ont exprimé leur soutien à Sophie Binet, dénonçant une « judiciarisation des conflits sociaux ».



