Dans le Libournais, la société Sepur accompagne des personnes éloignées de l'emploi via un programme d'insertion professionnelle. Formations, suivi et immersion sont proposés et ont déjà permis plusieurs embauches en CDI.
Un programme d'insertion efficace
Le ronronnement des machines rythme la matinée au centre de tri TriGironde, à Saint-Denis-de-Pile. Les immenses bâtiments gris et le va-et-vient des poids lourds rappellent immédiatement l'activité du site de traitement des déchets, exploité par l'entreprise Sepur. Ce mercredi 20 mai, Rhizlane et Frédéric sont assis côte à côte. T-shirt bleu, pantalon de travail, ils racontent leur retour à l'emploi au sein du programme d'insertion mis en place par la société.
« J'ai appris tellement plus de choses que ce que j'imaginais. J'ai vaincu ma timidité », se réjouit Rhizlane. Soumise à une clause sociale, Sepur doit proposer du travail en insertion. Là où 15 000 heures sont exigées, elle en revendique plus de 42 000. Pour y répondre, le groupe a mis en place un programme destiné aux personnes éloignées de l'emploi, pour des raisons de santé, de reconversion, d'âge ou de licenciement, explique Audrey Limon, responsable du programme.
Un emploi tremplin
En 2025, douze sorties positives ont été comptabilisées, correspondant à des embauches durables ou à des entrées en formation qualifiante. Parmi elles, Rhizlane et Frédéric, qui ont été embauchés en CDI par Sepur. « C'est rare, car les contrats vont de six mois à un an : l'objectif n'est pas de pérenniser des CDI sur des postes de tri », justifie-t-elle. « Le but est de leur apprendre de nouvelles compétences, comme le travail en 2x8 et en équipe, qu'ils pourront valoriser ensuite. »
Le travail repose sur la polyvalence, avec rotations des postes, changement de lignes et adaptation des tâches. Frédéric, ancien travailleur dans le bâtiment, aujourd'hui rondier, confie avoir « retrouvé une stabilité et de la confiance en moi ».
Pour le recrutement, l'entreprise s'appuie sur plusieurs partenaires de l'insertion : le Plan local pour l'insertion et l'emploi (Plie) du Libournais, le Kliff, la Mission locale pour les jeunes ou encore des structures d'accompagnement comme T200. Le dispositif repose notamment sur une immersion préalable, une « journée portes ouvertes », comme l'appelle Frédéric. Elle permet de découvrir le site, les postes de travail, la cadence, mais aussi les contraintes du métier, comme les odeurs ou les difficultés de mobilité pour se rendre sur place. « Si on ne fait pas ça, on les perd au bout de deux jours », commente Audrey Limon.
Le centre de déchet peut trier jusqu'à 140 000 tonnes de déchets par jour. « Ce sont des grosses semaines », ajoute le nouvel employé, qui évoque les 35 heures hebdomadaires et la vigilance permanente. « On plaisante sur le fait que les gens ne savent pas toujours trier », glisse-t-il, en évoquant des piles ou des bonbonnes de protoxyde d'azote parfois retrouvées dans les déchets et susceptibles de provoquer des incendies. Rhizlane, elle, insiste sur l'ambiance chaleureuse : « Comme on discute, on ne voit pas la journée passer. »
À terme, Audrey Limon aimerait ouvrir une ligne de tri dédiée aux travailleurs en situation de handicap. « Ça prend du temps d'adapter le matériel, mais chacun peut travailler », conclut-elle.



