L'État doit réinvestir dans la connaissance pour le travail
Réinvestir dans la connaissance pour le travail

Dans un contexte de mutations rapides du marché de l'emploi, un collectif de chercheurs et d'experts lance un appel pressant à l'État pour qu'il réinvestisse massivement dans la production et la diffusion de connaissances au service du monde du travail. Selon eux, la France souffre d'un désengagement progressif des pouvoirs publics dans les domaines de la recherche appliquée, de la formation professionnelle et de l'innovation sociale.

Un constat alarmant

Les signataires de cette tribune, publiée dans Le Monde, dénoncent une « érosion silencieuse » des moyens alloués aux organismes de recherche, aux universités et aux centres de formation. Cette situation entraîne un décalage croissant entre les compétences des travailleurs et les besoins des entreprises, notamment dans les secteurs de la transition écologique et numérique.

Les conséquences sur l'emploi

Le manque d'investissement dans la connaissance a des répercussions directes sur l'employabilité des salariés. Les auteurs soulignent que les dispositifs de formation continue sont souvent sous-financés et mal adaptés aux réalités du terrain. Par ailleurs, la recherche en sciences humaines et sociales, essentielle pour comprendre les transformations du travail, est particulièrement négligée.

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  • Baisse des budgets de la recherche publique de 15 % en dix ans.
  • Diminution du nombre de doctorants dans les disciplines liées au travail.
  • Réduction des crédits alloués à la formation professionnelle des adultes.

Des pistes d'action concrètes

Pour inverser cette tendance, les experts proposent plusieurs mesures :

  1. Augmenter les financements de la recherche fondamentale et appliquée sur le travail, en ciblant les enjeux de demain.
  2. Renforcer les partenariats entre universités, entreprises et collectivités territoriales pour co-construire des formations adaptées.
  3. Créer un observatoire national des métiers et des compétences, capable d'anticiper les évolutions du marché.
  4. Investir dans la formation des formateurs et dans l'ingénierie pédagogique pour améliorer la qualité des enseignements.

Un enjeu de souveraineté

Au-delà de l'aspect économique, les auteurs insistent sur le caractère stratégique de ce réinvestissement. « La connaissance est un bien commun, essentiel à la démocratie et à la cohésion sociale », écrivent-ils. Sans une politique volontariste, la France risque de perdre son rang dans la compétition internationale et de voir s'accroître les inégalités face à l'emploi.

Cet appel intervient alors que le gouvernement prépare une réforme de la formation professionnelle. Les signataires espèrent que leur tribune contribuera à placer la connaissance au cœur des priorités politiques, pour un monde du travail plus juste et plus efficient.

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