Ils s'appellent Kevin, Sarah ou encore Mohamed. Ils ont entre 15 et 29 ans et ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. On les appelle les NEETs (Not in Education, Employment or Training). En France, ils étaient près d'1,5 million en 2020, soit 12,6% des jeunes de cette tranche d'âge. Un chiffre en hausse depuis la crise sanitaire.
Un phénomène aux multiples causes
Les raisons de cette situation sont diverses. Pour certains, c'est un parcours scolaire chaotique qui les a conduits à décrocher. Pour d'autres, ce sont des problèmes de santé, de logement ou familiaux. Il y a aussi ceux qui se découragent après des mois de recherche d'emploi infructueuse. « Le marché du travail est devenu très sélectif, surtout pour les jeunes sans diplôme », explique Jean-Marie, conseiller en insertion.
Des profils hétérogènes
Les NEETs ne forment pas un groupe homogène. On distingue généralement trois catégories : les décrocheurs scolaires, les jeunes en situation de vulnérabilité (handicap, précarité) et ceux qui sont en transition entre deux formations ou emplois. Les jeunes femmes sont aussi plus touchées que les hommes, souvent en raison de grossesses précoces ou de charges familiales.
Des conséquences lourdes
Être NEET n'est pas sans conséquences. Sur le plan individuel, cela peut entraîner une perte de confiance en soi, un isolement social et une précarité financière. À plus long terme, ces jeunes risquent de s'éloigner durablement du marché du travail. « Plus on reste longtemps sans emploi, plus il est difficile d'en retrouver un », alerte une étude de la DARES. Pour la société, c'est un gâchis de talents et un coût économique important.
Des dispositifs existants
Face à ce constat, les pouvoirs publics ont mis en place plusieurs dispositifs. Le Service Civique, la Garantie Jeunes ou encore les Écoles de la Deuxième Chance offrent des solutions de formation et d'accompagnement. Mais ces dispositifs peinent à toucher tous les jeunes concernés. « Il faut aller vers eux, ne pas attendre qu'ils viennent », insiste une travailleuse sociale.
Un enjeu de société
L'insertion des NEETs est un enjeu majeur pour la cohésion sociale. « Ces jeunes ne demandent qu'à s'en sortir, mais ils ont besoin d'un coup de pouce », conclut notre expert. La crise du Covid-19 a accentué le phénomène, mais elle a aussi montré la capacité d'innovation des acteurs de terrain. Reste à amplifier ces initiatives pour ne laisser aucun jeune au bord du chemin.



