Jobs d'été en Lozère : les jeunes face à des obstacles multiples
Jobs d'été en Lozère : les jeunes face à des obstacles

La recherche d'un job d'été en Lozère s'avère souvent compliquée pour les étudiants. Entre un tissu économique restreint, l'éloignement des grands centres urbains et des problèmes de mobilité, les jeunes doivent faire preuve d'ingéniosité pour décrocher un emploi saisonnier. Christophe Henry, directeur de la Mission locale à Mende, explique : « Pour un jeune qui habite à Florac, il est évident qu’il ne va pas postuler pour un job à Saint-Chély-d’Apcher. Idem pour un jeune qui habite à Mende, c’est compliqué d’aller travailler dans la restauration dans les gorges du Tarn. La plupart des jeunes cherchent un travail à 20 ou à 30 km maximum de leur lieu de résidence. »

Des secteurs qui recrutent

En Lozère, les jobs d’été ne s’arrachent pas comme des petits pains, mais presque. Ici, pas de plate-forme Amazon ni de tramway comme à Montpellier pour aller travailler dans le tourisme en bord de mer. Il faut se tourner vers d’autres secteurs. Que ce soit dans le BTP, la restauration ou le service à la personne, les patrons sont en recherche de main-d’œuvre pour remplacer les salariés habituels partis en congé estival ou faire face à l’accroissement de l’activité. Des places se libèrent, à destination des 1 000 étudiants lozériens, pour combler les trous laissés sur les plannings.

Des contrats courts pour des jeunes sans expérience

Des contrats courts pour des jeunes souvent sans expérience professionnelle : « Certains ont déjà fait des stages dans un domaine précis. Ça leur a plu et ils veulent renouveler l’expérience. Pour d’autres, sans qualifications particulières, c’est un peu plus compliqué de trouver chaussure à son pied : beaucoup de jobs dans la logistique ou le transport nécessitent des permis et des habilitations spécifiques. Idem pour le travail en hauteur. On ne peut pas placer n’importe quel candidat », résume une conseillère d’agence d’intérim.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La restauration et l’aide à la personne plutôt que l’agriculture

En Lozère, territoire rural, on pourrait penser que les nombreuses exploitations agricoles ont recours à de la main-d’œuvre étudiante. Ce n’est pourtant pas la tendance : « Les agriculteurs ne confient pas leur exploitation à des jeunes. Ils ont déjà leur service de remplacement. Ils fonctionnent avec leur propre réseau pour recruter », explique Christophe Henry. Même cas de figure pour tout ce qui est cueillette ou ramassage des fruits et légumes : « Il y a peu de vignes en Lozère, il n’y a pas beaucoup de cultures maraîchères non plus, à cause du climat qui s’y prête peu. »

Selon le directeur de la Mission locale, le tourisme est un gros pourvoyeur de jobs étudiants : « Le secteur des gorges du Tarn offre beaucoup d’opportunités dans la restauration, les campings. » Ce sont beaucoup de petits employeurs différents. La Selo (Société d’économie mixte d’équipement de la Lozère) propose aussi des emplois pour l’été. Elle a notamment en charge la gestion des parcs à loups et à bisons.

S’il est en revanche un secteur intimement lié au vieillissement de la population, c’est bien l’aide à la personne. La Mission locale, en lien avec le Département, a organisé une semaine sur l’attractivité de l’autonomie : « En Lozère, on a beaucoup d’Ehpad, de foyers de vie. Ce secteur a des besoins en renforts d’été », précise Christophe Henry.

Des centaines de jobs à pourvoir

Finalement, ce sont plusieurs centaines de jobs d’été qui sont à pourvoir sur tout le département. Pour l’heure, les recrutements pour l’été sont clos. Les jeunes étudiants retardataires ne peuvent compter que sur un désistement pour pouvoir espérer glaner quelques billets avant de retourner sur les bancs de l’école.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale