Grève massive à Monaco : les salariés manifestent pour leurs droits et contre la précarité
Grève à Monaco : salariés mobilisés pour leurs droits

Une mobilisation massive pour les droits des travailleurs en Principauté

Ce vendredi, les rues de Monaco ont résonné des voix de plusieurs centaines de salariés venus manifester pour défendre leurs droits. L'appel lancé par l'Union des syndicats de Monaco (USM) a trouvé un écho puissant auprès des travailleurs du privé et du public, unis dans une même détermination.

Des revendications multiples face à une précarité grandissante

Le cortège, qui s'est formé avenue de Fontvieille en milieu de journée, rassemblait environ 500 personnes venues exprimer leurs préoccupations. La précarité salariale apparaît comme l'une des principales motivations de cette mobilisation. "Si on est dans la rue aujourd'hui, c'est à cause de la précarité salariale", explique Thierry, l'un des manifestants. "Sous prétexte de l'article 6, on a tendance à mettre le salarié sous pression et le rapport de force avec le patronat n'existe plus."

Parmi les revendications portées par les syndicats :

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  • L'instauration d'un salaire minimum universel de 2 620 euros
  • Une meilleure répartition des richesses dans un pays au PIB de 10 milliards d'euros
  • Une opposition ferme à toute nouvelle réforme des retraites
  • L'amélioration des conditions de travail dans plusieurs secteurs

La crainte d'une nouvelle réforme des retraites

L'inquiétude concernant une éventuelle réforme des retraites mobilise particulièrement les travailleurs. "Même si la retraite est encore loin pour moi, on se fait du souci", confie un jeune salarié de 31 ans employé à la Société monégasque des Eaux. "On a déjà perdu de l'argent avec celle de 2012 et on craint que le point soit davantage dévalorisé."

Olivier Cardot, ancien secrétaire général de l'USM, a martelé son message lors de la manifestation : "Il y a urgence. Monaco est un pays prospère qui se fiche des conditions de ses salariés."

Les auxiliaires de puériculture en première ligne

Les auxiliaires de puériculture, qui avaient déjà fait grève le 13 mars, étaient particulièrement visibles dans le cortège. Leur demande principale : obtenir cinq jours de congés supplémentaires en reconnaissance de la pénibilité de leur métier.

"Aujourd'hui, il y a un taux d'absentéisme énorme dû à cette pénibilité", explique Martine, qui exerce cette profession depuis 22 ans. "Physiquement, on a beaucoup de problèmes d'articulations à force de porter les enfants. Il y a aussi une fatigue morale parce qu'on doit en permanence s'assurer de la sécurité et du bien-être affectif des petits."

D'autres secteurs expriment leur mécontentement

Les employés de Monaco Parkings manifestent également leur opposition à une réorganisation de leurs horaires de travail. "Ma vie est calibrée depuis 32 ans sur ces horaires et il n'y a pas lieu de les changer", proteste un agent d'accueil.

Dans le secteur de l'hôtellerie et de la restauration, les salaires jugés insuffisants sont au cœur des préoccupations. Giuseppe Dogliatti, secrétaire général du syndicat Hôtels, Cafés et Restaurants, dénonce : "Beaucoup de métiers comme les plongeurs et les cuisiniers sont payés au ras des pâquerettes. Ici, on nous demande l'excellence mais quand il faut nous payer, on nous donne le minimum."

Une mobilisation qui ne s'arrêtera pas là

En milieu d'après-midi, le cortège s'est dirigé vers les Caisses sociales avant de se disperser progressivement. Mais les responsables syndicaux préviennent : cette journée d'action ne sera pas la dernière. D'autres rassemblements et actions sont déjà envisagés pour continuer à faire entendre la voix des salariés monégasques.

Cette mobilisation massive démontre une prise de conscience collective face aux défis auxquels sont confrontés les travailleurs en Principauté. Entre précarité salariale, inquiétudes concernant les retraites et conditions de travail difficiles dans plusieurs secteurs, les revendications portées ce vendredi reflètent des préoccupations profondes qui nécessitent, selon les manifestants, une réponse urgente des autorités.

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