Formation professionnelle : une crise du financement qui s'aggrave
Les associations Transitions Pro, chargées d'examiner et de financer les projets de reconversion professionnelle, subissent une baisse drastique de leurs ressources. En 2025, leurs budgets ont diminué d'environ 13 %, une réduction qui fait suite à un recul du même ordre en 2024. Cette chute libre des moyens financiers a des conséquences directes et alarmantes sur le terrain.
Une explosion des refus de financement
Les saisines adressées aux services de la médiatrice de France Compétences, l'agence en charge de la formation professionnelle et de l'apprentissage, ont atteint un niveau préoccupant. En 2025, pas moins de 90 % de ces saisines concernaient le projet de transition professionnelle (PTP), le dispositif qui permet la prise en charge d'une formation certifiante pour changer de métier.
Parmi ces demandes, 73 % faisaient suite à un refus de financement, comme le souligne la médiatrice dans son rapport annuel publié mercredi. Cette proportion met en lumière une dégradation significative de l'accès aux formations pour les personnes en reconversion.
Des motifs de refus de plus en plus contestables
La médiatrice relève dans son rapport « une évolution notable des motifs de refus » en 2025, marquée par une augmentation des décisions fondées sur le coût financier des projets. Cette tendance est d'autant plus inquiétante que le rapport précise qu'« un refus fondé exclusivement sur la comparaison du coût d'un projet à un coût moyen ou sur la seule durée de la formation » est « juridiquement fragile ».
Il rappelle avec force que l'appréciation d'un dossier doit demeurer individualisée, et non se baser sur des critères purement financiers ou des moyennes standardisées. Cette mise en garde souligne les risques de dérive dans les pratiques de financement.
Des recommandations pour clarifier et améliorer le système
Face à cette situation critique, la médiatrice émet plusieurs recommandations. Elle préconise notamment de clarifier la prise en compte du coût des projets dans les décisions de financement du PTP. Cette clarification est essentielle pour éviter des refus arbitraires et garantir une évaluation juste et équitable.
Elle suggère également de mieux valoriser les parcours de transition professionnelle intégrant un co-investissement préalable des usagers. Cette approche pourrait permettre de mieux répartir les coûts et d'optimiser les ressources disponibles, tout en responsabilisant les bénéficiaires.
La baisse continue des budgets des associations Transitions Pro, couplée à l'augmentation des refus de financement, pose des questions fondamentales sur l'avenir de la formation professionnelle en France. Sans une révision des critères d'attribution et une revalorisation des moyens, de nombreux projets de reconversion risquent de rester lettre morte, privant les travailleurs de perspectives d'évolution et d'adaptation dans un marché du travail en constante mutation.



