Avant les défilés du 1er-Mai, le secrétaire départemental de Force ouvrière, Franck Marie Montlaur, qui va rejoindre l'équipe de Frédéric Souillot, critique la tentative du gouvernement d'ouvrir plus largement les commerces lors de ce jour férié. Dans un entretien, il revient sur les enjeux de cette fête du travail et les priorités syndicales.
Un jour férié menacé
Interrogé sur l'état d'esprit de Force ouvrière après la volonté du gouvernement d'assouplir le caractère férié du 1er-Mai, Franck Marie Montlaur déclare : « Les attaques sur le 1er-Mai sont terribles. Alors qu'on a d'autres urgences. Les Français souffrent avec la guerre et les hausses du carburant, de certains produits. Et on vient nous agiter ce chiffon rouge pour dire qu'il faut mettre à bas le jour férié du 1er-Mai. » Il rappelle que ce jour n'est pas une fête religieuse, mais la défense des droits des salariés dans le monde, un moment de recueillement pour se battre pour les travailleurs.
Une marche arrière insuffisante
Bien que le gouvernement ait fait marche arrière, le syndicaliste estime que cela n'apaise pas toutes les inquiétudes : « Il semblerait qu'il a entendu les syndicats mais certains continuent à ruer dans les brancards. Il faut arrêter de vouloir diviser les Français. On a l'impression que tout est fait par les politiques pour les diviser. » Il souligne que les Français en ont marre, ce qui pourrait expliquer la montée des nationalismes et des extrémistes.
Une situation sociale explosive
Interrogé sur la saison touristique dans l'Hérault, Franck Marie Montlaur se montre pessimiste : « On entend de plus en plus de gens qui disent qu'ils ne pourront pas partir, qu'ils vont réduire les budgets. Je pense qu'on est vraiment dans une situation explosive. » Il appelle à des négociations de branche pour le 1er-Mai, plutôt qu'un simple volontariat qu'il juge insuffisant sans garanties salariales.
Le volontariat sous conditions
« Ce que l'on demande d'abord, à FO, ce sont des négociations de branche. Pour 2026 c'est trop tôt. On demande que ce soient les salariés et les entrepreneurs qui négocient entre eux », explique-t-il. Il rappelle l'exemple du dimanche dans la grande distribution, où le volontariat a souvent été imposé. Selon lui, le volontariat peut être acceptable à condition d'être négocié, avec salaire doublé et récupération.
Laisser le monde du travail négocier
Le syndicaliste craint que ce sujet ne revienne dans la campagne présidentielle : « Oui, malheureusement, depuis plusieurs présidents, on a voulu écarter les corps intermédiaires. Laissons le monde du travail négocier. On s'entend ou pas mais au moins on discute. Il faut arrêter que ce soient les politiques qui décident pour le monde du travail. » Il évoque aussi les retraites, la durée du travail et la taxation des contrats courts.
Indépendance syndicale
Face à l'hypothèse d'une victoire du Rassemblement national, Franck Marie Montlaur affirme : « On est des citoyens comme tous mais notre règle est de rester indépendant par rapport à tous les partis politiques. On ne pense pas que ce sera facile mais on est pour que tout le monde ait le droit de travailler, soit respecté. On est contre toute exclusion. » Il insiste sur le rejet du repli sur soi.
Priorités pour les prochains mois
À l'occasion du congrès national à Dijon, Force ouvrière demande un contrôle sur les prix des carburants, qui pénalisent les travailleurs, et une revalorisation des frais de déplacement pour les aides à domicile et les infirmières. « On nous a classés comme le syndicat de la fiche de paye. C'est exact on travaille pour les salaires mais des salaires décents », conclut-il.
Franck Marie Montlaur, 58 ans, quittera prochainement le secrétariat héraultais pour rejoindre l'équipe nationale à Paris, mais promet de rester proche du terrain.



