À Saint-Affrique, dans l'Aveyron, deux jeunes apprentis coiffeurs, Kilian Pitot (19 ans) et Yohan Tichet (20 ans), révolutionnent le salon Chrystel Coiffure Conseil en attirant une clientèle masculine jeune et moderne. Originaires respectivement de Compeyre et de Millau, ils préparent leur brevet professionnel de coiffeur, l'un à la chambre des métiers de Rodez, l'autre au Campus Jasmin de Toulouse.
Des coupes qui séduisent une clientèle rajeunie
Leur talent est reconnu par leur employeuse, Chrystel, qui les a embauchés pour travailler avec la clientèle habituelle. Grâce à eux, la clientèle rajeunit et augmente. Kilian Pitot explique : « Ce sont les coiffures barber homme qui me plaisent le plus. Le client arrive et sa tête n’est pas ouf. Quand il repart, il est trop content. Il est tout beau, il est frais, il sourit, c’est incroyable. » Sa spécialité : les fondus, décolorations, dégradés, coupes espagnoles, taper, mulets et autres styles extravagants.
Des succès en concours
En 2025, Kilian s'est classé premier à l'Unec Trophy d'Albi, dans le Tarn, et en février 2026, il a obtenu la deuxième place au Hair Montpellier en catégorie coupe, coiffage et freestyle. « Je fais des coupes pour les hommes de tous âges, notamment les jeunes. Ce sont des coupes qui partent souvent à zéro, à blanc, avec un dégradé plus ou moins marqué au fondu. Certains aiment garder de la longueur en bas de nuque. D'autres préfèrent beaucoup de longueur sur le dessus avec des contours marqués devant, ce qui ne se faisait pas avant. C'est nouveau. On suit la mode. Avant, les gens venaient tous les trois mois. Maintenant, mes clients viennent toutes les deux ou trois semaines. »
La passion de la coiffure
Kilian apprécie le sourire du client, la reconnaissance, le rapport humain et la technique : « C’est la passion. J’aime trop les nouvelles tondeuses électriques. On arrive à faire des trucs de fou avec celles qui font 11 000 tours par minute. Cela permet d’aller plus vite quand tu fais ton fondu. Ça prend tout direct, ça enlève tout. » Tout a commencé à seize ans, à l'internat, quand il a utilisé la tondeuse et les ciseaux de sa mère pour coiffer un ami, avec un résultat raté. « C’est parti de là. Je connaissais pas mal de monde. Je faisais du rugby à Millau. Je me suis amélioré. J’ai eu du monde. J’ai vraiment vu que j’étais bon. »
Yohan Tichet, un parcours atypique
Yohan Tichet, 20 ans, originaire de Millau, s'est classé troisième au Hair de Montpellier. Après un bac général, il a commencé des études de biologie à Toulouse, mais a vite réalisé que sa passion était ailleurs : « J’avais déjà commencé à coiffer mes amis, comme une passion. J’avais envie de me lancer, d’être un peu indépendant. La fac ne m’a pas plu et j’ai sauté le pas en novembre 2024. » Il a conservé son appartement toulousain et a passé son CAP en sept mois. « J’ai commencé dans la coiffure homme. Les nouvelles techniques m’ont beaucoup inspiré avec le côté artistique. Les hommes prennent bien soin d’eux maintenant, sont fidèles à leur coiffeur. La reconnaissance aussi, ça m’a beaucoup plu. » Yohan aime les coiffures bien marquées, dégradées, avec beaucoup de volume, qui demandent un vrai savoir-faire. « On a des clients qui reviennent et sont contents. Ils nous envoient leurs amis et nous recommandent. Ça fait plaisir. »
Projets d'avenir
Une fois son BEP obtenu, Yohan compte acquérir de l'expérience dans les grandes villes et, pourquoi pas, ouvrir un salon : « La coiffure, c’est mon métier maintenant. Cela représente beaucoup d’investissement. C’est surtout être proche des gens et c’est enrichissant. C’est plus qu’un métier, je peux dire une vocation maintenant. » Kilian, lui, envisage de partir à l'étranger pour apprendre l'anglais et se former dans d'autres pays, tout en développant sa présence sur les réseaux sociaux. Il rêve d'ouvrir son salon dans la région, et même d'avoir un van aménagé avec un poste de coiffure pour aller de village en village. Son objectif ultime : être connu et « coiffer des joueurs de foot ou des rappeurs, des mecs connus. Ils ne viendront pas à Saint-Affrique. C’est à moi d’aller vers eux. »



