La CGT dénonce une "arnaque" face au projet d'ouverture des commerces le 1er mai
CGT contre l'ouverture des commerces le 1er mai : "une arnaque"

Mobilisation syndicale contre l'ouverture des commerces le 1er mai

Devant la permanence du député Jean-François Rousset à Millau, la CGT a organisé une manifestation ce mardi 7 avril 2026 pour protester contre un projet de loi controversé. Ce texte, qui sera discuté au Parlement le 10 avril prochain, vise à autoriser les petits commerces à ouvrir leurs portes le 1er mai, une journée traditionnellement fériée et consacrée à la célébration du droit du travail.

Un texte qualifié de "projet Carrefour-Intermarché"

Céline Tabariès, représentante de la CGT, a vivement critiqué cette initiative lors de sa prise de parole. "Le projet de loi Carrefour-Intermarché, comme nous l'appelons, est un texte plébiscité par la droite, l'extrême droite et la Macronie", a-t-elle déclaré. Les syndicats aveyronnais présents exigeaient du député qu'il ne vote pas cette loi, arguant qu'elle profiterait principalement aux grandes enseignes comme Intermarché et Interflora.

La représentante syndicale a insisté sur le caractère symbolique du 1er mai : "Le 1er mai, ce n'est pas qu'une pause, c'est un moment pour se retrouver avec ses proches. Dire que c'est pour aider les petits commerces, c'est du populisme !"

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Le point de vue du député Rousset

Absent lors de la manifestation car présent à l'Assemblée nationale, Jean-François Rousset a défendu le projet de loi dans un entretien avec Midi Libre. "Ce texte correspond à une attente des boulangers et des fleuristes", a-t-il affirmé, mentionnant une pétition nationale ayant recueilli 10 000 signatures de boulangers et 6 000 de fleuristes.

Le député aveyronnais a précisé que le travail se ferait sur la base du volontariat avec une rémunération double, soulignant que cette mesure "va dans le sens du débat actuel en faveur du pouvoir d'achat". Il a confirmé qu'il soutiendrait ce projet porté par son groupe parlementaire.

La CGT dénonce "une arnaque"

Les arguments du député sont fermement contestés par la CGT, qui rappelle l'importance historique du 1er mai. Céline Tabariès a évoqué le drame de Fourmies du 1er mai 1891, où neuf personnes avaient été tuées lors d'une manifestation, soulignant que cette date "commémore les luttes pour le droit du travail".

"Dire que c'est payé double, c'est une arnaque. Il s'agissait déjà d'un jour payé, si on vient à travailler un jour de plus, c'est normal qu'il soit payé", a-t-elle dénoncé. La représentante syndicale a également mis en garde contre les pratiques de chantage à l'embauche qui pourraient rendre le volontariat illusoire.

Pour la CGT, ce projet de loi dépasse la simple question de l'ouverture des commerces : "L'intention n'est pas de sécuriser mais d'étendre la dérogation et remettre en cause l'exceptionnalité du 1er mai". Le syndicat craint que cette initiative ne marque le début d'une remise en cause plus large des acquis sociaux, affirmant avec force : "Remettre en cause cette journée, c'est remettre en cause plus de 100 ans de luttes sociales".

Un débat qui dépasse les frontières de l'Aveyron

Cette proposition de loi, adoptée par le Sénat le 3 juillet 2025 et rapportée par le député Les Républicains Thibault Bazin, suscite des réactions bien au-delà de Millau. Alors que le gouvernement se montre favorable à cette orientation, la mobilisation syndicale témoigne des profondes divisions sur la question du travail les jours fériés.

Le vote du 10 avril au Parlement s'annonce donc comme un moment crucial, opposant les partisans d'une flexibilisation du travail aux défenseurs des traditions syndicales et des acquis sociaux. Dans l'Aveyron comme ailleurs en France, le débat sur la signification du 1er mai et son avenir reste plus que jamais d'actualité.

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