Les animateurs du périscolaire à Paris ne décolèrent pas. Ils sont de nouveau appelés à manifester ce mardi pour demander « des centaines de recrutements » dans un secteur en « sous-effectif chronique » – ils sont actuellement 14 000 dans la capitale – et dénoncer un « climat de suspicion généralisée » lié au scandale des violences sexuelles.
Des revendications sans réponse concrète
L’intersyndicale de la filière (Unsa, Supap-FSU, CFDT, CGT, FO, UCP, CFTC) déplore n’avoir obtenu, à ce jour, « aucune réponse concrète » à ses revendications. Pourtant, les syndicats avaient été auditionnés par le nouveau maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, le 1er juin, dans la foulée de la journée de grève et de manifestation du 19 mai qui avait perturbé près de 400 écoles, selon les organisateurs.
Une mobilisation attendue de même ampleur
Les syndicats s’attendent à une mobilisation « de la même ampleur » que celle du 19 mai, où « entre 1 500 et 2 000 agents » avaient défilé entre la Direction des affaires scolaires (Dasco) et l’Hôtel de ville. Le parcours sera le même, alors que s’ouvre le Conseil de Paris de juin. « Emmanuel Grégoire veut gagner du temps en renvoyant tout à la fin de la convention citoyenne » sur la protection et les temps de l’enfant, dont les conclusions doivent être rendues le 22 juin, a déploré auprès de l’AFP Alexandre Herzog, de la CGT.
Des centaines de recrutements nécessaires
Les syndicats, qui appellent aussi depuis une semaine les agents à faire grève sur le temps de l’interclasse, demandent « des centaines de recrutements » dans les 620 écoles publiques de la capitale. « L’immense majorité des collègues suspendus après avoir fait l’objet d’un signalement, ou tout simplement virés, ne sont pas remplacés », souligne Alexandre Herzog.
L’application du principe de précaution
Depuis début 2026, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour « suspicions de violences sexuelles ou sexistes », a annoncé la semaine dernière Emmanuel Grégoire, sans préciser les motifs de suspension pour les 80 autres. Le tribunal correctionnel de Paris doit rendre, par ailleurs, ce mardi, son jugement à l’encontre d’un animateur qui a comparu fin mai pour agressions sexuelles sur des enfants d’une école maternelle.
Déplorant le climat de « défiance généralisée », sans distinction entre les violences sexuelles et les violences éducatives dites ordinaires, le responsable syndical témoigne : « des collègues sont virés du jour au lendemain pour avoir attrapé un enfant par le bras, ou pour des comportements inadaptés qui relèvent de la formation, voire de la sanction administrative ».
« Nous savons que des suspensions abusives et expéditives ont eu lieu et nous le déplorons », a réagi auprès de l’AFP Anne, du collectif SOS Périscolaire, tout en soulignant défendre dans l’immédiat « le principe de précaution » prôné par la ville « avec la règle du 1 signalement = 1 suspension ».



