Une proposition de loi pour faciliter les acomptes sur salaire
Une députée socialiste de Côte-d'Or, Oriane Godart, a déposé un texte parlementaire visant à simplifier les règles de versement des acomptes sur salaire. Cette proposition, cosignée par une vingtaine de parlementaires issus de divers groupes politiques dont les Socialistes, les Écologistes, LIOT, le centre et la droite, prévoit des changements significatifs pour les salariés du secteur privé et public.
Les principales mesures du texte
Le projet de loi autoriserait les salariés à demander jusqu'à cinq acomptes par mois, sans aucune justification écrite ou orale à fournir. Le montant total de ces acomptes ne pourrait pas dépasser 50% du salaire brut mensuel. Une innovation importante concerne l'extension de ce dispositif aux agents publics, qu'ils soient titulaires ou contractuels, ce qui représente un élargissement notable par rapport aux règles actuelles.
Contexte et justification
Cette initiative législative intervient dans un contexte particulier. À compter du 20 novembre 2026, les découverts bancaires de petits montants (200€) et de courte durée relèveront pleinement du cadre du crédit à la consommation. Selon UFC-Que Choisir, les découverts bancaires représentent près de 7 milliards d'euros par an rien que pour les agios et incidents de paiement.
Pour la députée Oriane Godart, "aujourd'hui, moins de la moitié des salariés savent qu'ils peuvent demander un acompte sur le salaire déjà gagné, et ceux qui en font la demande se heurtent parfois à des procédures peu claires ou à des réticences de la part des employeurs". Elle ajoute que "en permettant aux salariés de mieux piloter leur trésorerie personnelle, cette mesure contribue à réduire le stress financier, facteur d'absentéisme et de baisse de productivité".
Différence entre acompte et avance sur salaire
Il est essentiel de distinguer ces deux concepts :
- L'acompte sur salaire correspond à la rémunération d'un travail déjà accompli
- L'avance sur salaire désigne un prêt consenti par l'entreprise pour un travail non encore réalisé
Actuellement, les règles concernant les acomptes sont plus restrictives. Le montant maximum correspond à 50% de la rémunération, la demande ne peut intervenir qu'à partir du 15 du mois, et si l'employeur doit accepter la première demande mensuelle, il peut refuser toute demande supplémentaire.
Impact pour les employeurs
Du côté des employeurs, les motifs de refus des demandes d'acompte seront définis par décret en Conseil d'État, ce qui devrait apporter une certaine clarté juridique. Cette mesure pourrait ainsi créer un équilibre entre la protection des salariés et les préoccupations légitimes des entreprises concernant leur trésorerie.
Cette proposition de loi représente donc une évolution significative du droit du travail, visant à adapter les dispositifs existants aux réalités économiques contemporaines, notamment face aux défis posés par l'inflation et les nouvelles réglementations bancaires.



