En 2025, de grands cubes noirs ont fait leur apparition dans le paysage toulonnais. L'entreprise Keenat, qui accompagne la métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) dans son objectif « Zéro mégot au sol », a déjà collecté 160 kg de mégots en un an, soit 1 million de mégots. Le but : récupérer ces déchets dangereux et les valoriser pour protéger l'environnement.
600 nouveaux cendriers dans toute la métropole
Les 470 premiers cendriers installés dans 10 communes de la métropole enregistrent un bilan encourageant. Fort de ce succès, le dispositif va s'étendre : 600 nouveaux cendriers seront bientôt implantés. Fin juin, 41 nouveaux cendriers devaient être installés à Hyères, tandis que 40 autres apparaîtront à Ollioules à la mi-juillet. Parallèlement, l'arsenal de cendriers toulonnais sera renforcé grâce à 40 nouveaux points de collecte, notamment autour du Zénith. Le projet s'implante durablement puisque le contrat avec la métropole s'étend jusqu'en 2028.
Sandrine Poilpré, directrice générale de Keenat, se satisfait du dynamisme et de l'investissement des équipes de TPM, « parmi les plus motivées » à réduire la pollution liée à ces déchets dangereux. Keenat est déjà présent dans de nombreuses métropoles comme Bordeaux ou Strasbourg.
Sensibiliser les fumeurs, un défi majeur
Installer les cendriers ne suffit pas, il faut également sensibiliser les citoyens. « Les cendriers sont des poubelles, il faut donc inciter les fumeurs à utiliser une nouvelle poubelle », explique Sandrine Poilpré. Pour cela, des adhésifs expliquent la démarche de Keenat directement sur les cendriers. Les emplacements sont stratégiquement choisis, en collaboration avec les équipes de TPM, pour toucher un maximum de fumeurs.
Un des défis principaux est la difficulté à sensibiliser les fumeurs pour qu'ils jettent leurs mégots dans les cendriers. Ils doivent perdre l'habitude de jeter leurs cigarettes au sol. Les automobilistes, qui sont très nombreux à jeter leurs mégots par la fenêtre, sont parmi les plus difficiles à toucher et à convaincre. C'est une des plus importantes embûches actuelles pour Keenat. Sandrine Poilpré reste néanmoins optimiste quant à leur capacité à limiter la future pollution liée aux mégots.
Valoriser un déchet dangereux
Pour Keenat, les mégots « sont un vrai fléau ». Un mégot contient plus de 2 500 substances toxiques, dont des métaux lourds. Jeté dans la nature, il pollue son environnement pendant 12 ans avant de se décomposer complètement. Après la collecte, les mégots sont récupérés par une structure d'insertion sociale et des personnes handicapées, car le projet est à la fois social et environnemental.
Initialement, l'entreprise s'employait à recycler la matière contenue dans les filtres, mais ce processus était trop énergivore. Aujourd'hui, c'est le principe de valorisation énergétique qui prévaut. Les déchets toxiques sont broyés puis compressés sous forme de briquettes, qui deviennent du combustible utilisé par des entreprises locales. Les cigarettes deviennent des briquettes combustibles, la boucle est bouclée.



