Volvic condamnée pour publicité trompeuse sur sa naturalité
Volvic condamnée pour publicité trompeuse

La société Volvic, filiale du groupe Danone, a été reconnue coupable de pratiques commerciales trompeuses par le tribunal correctionnel de Paris. La décision, rendue le 29 juin 2023, concerne la manière dont la marque présentait son eau minérale naturelle comme « 100 % naturelle » alors qu'elle subit un traitement aux ultraviolets (UV) pour éliminer les bactéries.

Un traitement aux UV contraire à la promesse de naturalité

Selon l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, à l'origine de la plainte, Volvic utilisait un « traitement physique aux UV » depuis 2018, ce qui n'est pas autorisé pour une eau minérale naturelle selon la réglementation européenne. L'eau minérale naturelle doit, par définition, être « microbiologiquement saine à l'origine » et ne peut subir aucun traitement autre que ceux visant à éliminer les éléments instables, comme le fer ou le soufre.

Le tribunal a estimé que la mention « naturelle » sur les bouteilles de Volvic était trompeuse, car le traitement aux UV n'est pas un procédé naturel mais un traitement de désinfection. Danone a été condamné à une amende de 100 000 euros et à publier un message de rectification sur son site internet et dans trois journaux.

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Une décision saluée par les associations de consommateurs

L'UFC-Que Choisir s'est félicitée de cette décision, estimant qu'elle « remet les pendules à l'heure » sur la notion d'eau naturelle. L'association a également souligné que Volvic avait « sciemment » trompé les consommateurs en utilisant un traitement non autorisé tout en conservant l'appellation « naturelle ».

De son côté, Danone a indiqué qu'il allait faire appel de la décision, arguant que le traitement aux UV est « un procédé physique qui ne modifie pas la composition de l'eau » et qu'il est conforme à la réglementation française. Le groupe a également rappelé que ce traitement est utilisé pour garantir la sécurité sanitaire de l'eau.

Des implications pour toute l'industrie des eaux minérales

Cette affaire pourrait avoir des répercussions sur l'ensemble du secteur des eaux minérales naturelles en France. Plusieurs marques sont soupçonnées d'utiliser des traitements non autorisés, comme la filtration ou l'ozonation, tout en se présentant comme « naturelles ». L'UFC-Que Choisir a déjà annoncé qu'elle allait examiner d'autres cas similaires.

Le jugement de Volvic intervient dans un contexte de méfiance croissante des consommateurs envers les produits alimentaires industriels. Selon un sondage Ifop de 2022, 78 % des Français estiment que les marques utilisent des arguments marketing trompeurs sur la naturalité des produits.

Une amende jugée trop faible par certains

Si la condamnation de Volvic est une victoire pour les associations de consommateurs, certains jugent l'amende de 100 000 euros insuffisante au regard du chiffre d'affaires de la marque. Volvic a réalisé un chiffre d'affaires de plus de 500 millions d'euros en 2022. L'UFC-Que Choisir a regretté que « l'amende ne soit pas à la hauteur des bénéfices réalisés grâce à cette tromperie ».

Le tribunal a également ordonné la publication du jugement sur le site de Volvic pendant un mois, ainsi que dans les journaux Le Parisien, Le Figaro et Libération. Danone devra également verser 10 000 euros à l'UFC-Que Choisir pour les frais de justice.

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